‹ FénélonChapitre 92 sur 138 · LXXXVIII · texte numérisé non relu

LXXXVIII

P[aris] 27 oct. q8

[[j'ai reçu votre lettre du 7, le succez des remarques passe s'il se peut celui de la relation. Je crois que le nonce et le roi feront bien Je me reiouis de v[ot]re bonn»» santé et de celle du pape Et ie me remets pour tout le surplus a ce que vous manderont de la cour M. de M. et M. Ch[asot], tout le monde dit «jue M. de M. est un grand personnage et fait un beau rolle [:] c'est a nous a couronner l'œuure]] dieu le ueiulle et que uous nous mettiés par une sage conduite en Etat d'en tirer auantage, M. de M. sera uendredi a meaux et dez le lundi suiuant il se rendra a font[aineble]*" jusqu'au i3 du prochain que le roi reuient à Versailles.

M. guerin me mande qu'il n'est mort personne a Sauigni '.

On uous mandera de lion des nouuelles de notre courier (et) de

sa cource. Il ne sera peut estre pas encores arriué à rome. Il partit

de paris le 18, le lendemain il prit la peine d'aller a nemours [;]

il s'est associé auec un autre courier qu'on dit qui ua aussi a rome

pour ménager les frais ce qu'il m'avoit promit de ne pas faire de

peur d'être retardé et ils auoient prit un quatrième cheual pour

porter les paquets des deux couriers, je voudrois bien qu'ils fissent

plus de dilligence que nous n'auons sujet de nous j attendre M. de

M. est bien fâché de ce retardement, nous nous portons bien.

A Monsieur

Monsieur l'abbé Bossuet

Au Palais Massimi

a Rome

I . C'est une réponse à la lettre de sollicitation qui demandait à l'abbé de vouloir bien assurer une place, s'il y en avait quelqu'une vacante, au fils d'un ami de son père, le sieur Guillaume, de Dijon (Cf. plus haut, p. 3 10).

Le mécontentement d'Antoine au sujet du malencontreux courrier et de ses lenteurs éclate encore dans l'ordinaire suivant, à la date du 3 novembre. Ces détails ont trouvé indifférent l'annotateur déjà signalé. Il a laissé en dehors de ses parenthèses les plaintes intarissables qui remplissent la première page de cette lettre et n a noté à conserver qu'un passage relatif à la nomination de Fleury à l'évéché de Fréjus. On sait que Bossuet eut à s'entremettre dans cette affaire, mais elle s'éloigne trop de la question du Quiétisme pour être ici exposée.

Paris 3. no[îJem]'"'« g8

Voici la reponce de M. de M. a votre lettre du i4 du passé Le frère d'Anisson lui mande de lion qu'il a sçu que ce chien de Courier que uous nous auiés tant mandé de traitter en honnête .homme et qui etoit parti d'ici le XI oct[obre] de grand matin, lauoit passe a lion le 3 1 auec un chirurgien ou autre domestique fde M. le card.*"! de Bouillon et qu'ils auoient à eux deux un posttillon chargé de toutes leurs hardes et pacquets sans voir les mar- Ichands chez qui il m'auoit mandé de font[aineble]*" de lui écrire, la ce compte la il aura fait belle dilligence pourueu qu'il n'j ait [rien de pis, il uous fera de belles histoires comme il me fit ici a tsonarriuée. c'est un franc frippon qui meriteroit bien d'être châtié m'auoit prié de uous le recommander et qu'il auoit de bonnes lettres de recommandations de M''^ les card. d'estree et de Bezan- Ipon (sic) *, voila ce que j'en puis dire de plus doux

[[vous seré bien aise d'apprendre que M. l'abbé de Fleuri, aulonier du roi est nommé a l'euesché de freius II i a une portion reseruée à l'antien Eueque Et le jeune a l'euesché de Seez, ainsi troila cette grande affaire accomodée '^,

Ne serait-ce pas un lapsus pour Janson ?

Sur l'affaire de l'évéché de Fréjus existe une délibération de Bospuet consulté par le roi sur la conduite à tenir devant l'opposition de ïncien évoque, Luc d'Aquin, démissionnaire en 1697, i^ûis prétendant

la dernière reponce de M. de M. est encore bien plus applaudi ope la relation]]

nous nous allons enfin séparer M. Milet ' et moi auant qu'ils soit huit [jours] Il m'est deuenu insupportable par ses procédés et ses extrauagancos Je lui dis en deux mots il j a environ 1 5. jours sans autre raison, qu'a la manière dont nous uiuions ensemble il uoioit bien que nous ne pourrions pas j durer davantage et qu'en attendant le procès je lui donnerois ^oo £ par an, on dit qu'il ueut se retirer a la campagne, il écrit a ^I. de M. qui ne lui fera point de réponse, c'est un mauuais esprit capable d'abuser de tout, Je ne me plains de rien mais il scait bien comme il en a vsé, s'il s'auise de uous écrire contentez uous [le plus tard que vous pourrés] ^ de mander a M. Chasot qui lui fera [dire] (sans témoigner que je uous en aye rien mandé) que vous en êtes fâché mais que me connoissant il faut qu'il ait bien manqué à ce qu'il me doit pour m'avoir obligé d'en uenir la, enfin dites peu et sec, ne demandés point de raison II faut supposer que je n'en manqu»pas et en effet vous connoitrcz un jour qu'il j en a de reste.

M. l'abbé de Madot'^ nous fait voir quelquefois des lettres bien

que le sacre de son neveu et successeur (Louis d'Aquin, transféré à Séez le I" novembre 1698) et celui de Fleury n'étaient point légitimes (Lâchât, t. XXVII, p. 86-90, l" août 1698. Cf. Saint-Simon (169g) éd. de Boislisle, t. YI, p. 42-52). André-Hercule de Fleury, né à Lodève en i653, nommé à Fréjus le i^'' novembre 1698, futsacré le 22 du même mois.

1. Sur M. Millet, plus haut, p. 55, 59, 64, etc. et les diverses lettres d'Antoine où ce nom est fréquemment cité. Le procès, de nature inconnue, qui semble pendant entre ce personnage et Antoine, est signalé dans la lettre du 3 décembre 1696 (ibid., p. 77) comme devant être différé jusqu'au retour de l'abbé Bossuet.

2. Les mots entre crochets sont en surcharge et surajoutés par Antoine.

3. -L'abbé François de Madot, le futur évêque de Belley (i^oS), puis de Chàlons-sur-Saone (1712), un des appelants contre la Bulle Lnigenitas, comme tant d'amis ou disciples de Bossuet, a déjà été nommé dans cette correspondance et l'on sait le rôle de son frère, réfugié à Rome, puis en Toscane, à la suite d'un duel qui l'avait obligé de quitter son pays (Cf. haut plus, p. 192, n. i et 193, 206, aïo). Peut-être cette dernière circonstance portait Antoine à recommandera son fils la prudence. Nous l'avons entendu souhaiter tout à l'heure, dans la lettre du 27 octobre, devoir celui-ci se mettre, « par une sage conduite, en état de tirer avantage» du succès de sa négociation à Rome. Ce n'était donc pas opportun de

instructiues de ^[. son frere qui est tout de Çsic) disposé aie seniir de son mieux mais dans cette circonstance il est bon d'agir auec reserue de peur de nuire plutôt que de seruir.

[[on parle ici comme chacun l'entend des signatures par[ticulileres Jej docteur», M. de C tache dit-on d'en auoir Je ne crois pas que ce soit dans ce pais ici ou il est fort décrié sur la doctrine et sur tous ses mauuais artifices.]]

Je crois cpie ^1. de Chartres écrira quelque chose On dit qu'il

a quelque bonne pièce a mettre au jour * [.] personne n'a uu par

deçà ce que M. de P. a repondu et qu'il a cnuoié a rome qu'on ose

douter qui fasse bien et tôt M. de M. m'enuoie sa lettre ouverte.

A Monsieur

^lonsieur l'abbé Bossuet

a Rome.

Entre cette lettre intéressante sur l'accueil fait à la dernière réponse de Bossuet, et celle du i'^'" décembre nous racontant la fin des aventures du courrier chargé de porter le livre à Rome, se place le dernier des billets de l'archevèque de Reims à 1 abbé Bossuet.- inédit, dont les œuvres de Bossuet, depuis Deforis, ne nous donnent même pas le court passage relatif au Quiétisme, marqué par les premiers éditeurs comme extrait à signaler. Voici ce bref remerciement contenant quelques nouvelles de la cour :

A paris sS nou. l'JgS mardy matin

Je dois response monsieur a deux de vos lettres dont la dernière est du 4 de ce mois, ie vous rends milles grâces de la continuation

se trop commettre avec les personnes mal en cour près du roi, comme le pouvait être un réfugié. Bossuet, cependant, dans la lettre même de re courrier, celle qu'il fit passer ouverte à son frère, se montre disposé à -fTvir Madot par ses recommandations auprès du grand-duc : « Je serai 1 autant plus ravi, poursuit-il. de servir ce gentilhomme qu'il a un frère ecclésiastique que j'estime fort, et qui nous a communicpié plusieurs de ses lettres qui sont d'un homme habile et bien instruit » (Lâchât, t. XXX, p. 77).

I, Cf. plus haut, p. 2 1 3.

2 2/i FÉNELON

de vostre souuenir, [[vous m'asseurez par cettre dernière lettre, que dans la fin de cette présente année l'affaire de M. de Cambray finira glorieusement pour le S' Siège et' pour l'église de france dieu le veuille c'est une honte qu'ell' ayt duré si longtemps.]]

M. de Meaux doit arriuer de Meaux ce soir en cette ville.

Le roy a donné au baron de breteiiil la charge d'introducteur des ambassadeurs vacante depuis quelque temps par la mort du feu boneùil a la charge de payer quarante milles escus aux héritiers du défunt pour satisfaire au breuet de retenue de pareille somme qu'il auoit sur sa charge. S. M. en done un des 20 milles escus au baron de breteuil.

Le roy est dieu mercy dans la plus parfaite santé ou j'aye jamais veu S. M. ie uous embrasse de tout mon cœur

l'aR. duc de REIMS

A Monsieur Monsieur L'abbé bossuet.

Cette réponse à une lettre de l'abbé Bossuet datée du 4 novembre reflète, on le voit, l'espoir d'une prompte solution. Dans sa lettre du même jour à son oncle, l'abbé n'est point aussi explicite, et de fait le procès devait traîner quelque temps. Le 3i octobre seulement était arrivé à Rome le ballot des Remarques sur la Réponse à la Relation *, porté par le courrier dont Antoine fut si mécontent. A cette date apparemment, l'abbé Bossuet n'avait point reçu la lettre de son père, destinée à le prémunir contre les « histoires » par lesquelles ce messager devait essayer d'expliquer son retard. <c II est arrivé, écrit l'abbé à son oncle, deux jours plus tard qu'il n'auroit fait, par des raisons qu'il m'a dites et dont il m'a apporté de bonnes preuves ^ » .

Tel n'est pas le ton de la lettre écrite par Antoine, le

I. « Le vendredi 3i octobre, nous reçûmes par un courrier exprès des remarques de M. de Meaux sur la réponse à la déclaration (sic). Le lendemain, l'Abé Bossuet la présenta au pape: » (Phelipeaux, Relation, II, p. i48).

a. Lâchât, t. XXX, p. 1x2.

i' décembre, en apprenant la date à laquelle s'est faite l'cHitrée à Rome du courrier Maurisseran.

GX

Paris /"■■ décembre g8

le Courier de rome n'arriua qu'hier si tard qu'on n'a enuoié tiotre paquet a M. de !M. a uersailles que ce matin a son leuer, uoici sa reponce a uolre lettre du XI. no[vem]'^''''

Je n'ai rien a dire sur Maurisseran sinon qu'il a tout suiet d'être pleinement satisfait et nous de l'être très mal de lui [;] il ne laissera pas de se plaindre et il n'il a point de tours de souplesse qu'il ne fasse et d'histoire qu'il ne suppose pour tirer encore quelques pistollcs

C'est un plaisant courier d'aller en 19. iours et de faire uoir qu'il faut un cheval exprez pour un paquet du poids de 4o liures.

C'est au contraire pour (mot illisible, dont le sens paraît être : économiser, profiter) en se joignant a un autre pour n'auoir qu'un postillon a deux couriers.

Je n'ai point encore de lettre de M"" guenin', je satisferai a ce <[xie vous me mandé, M. de M. comptoit de fournir 2 000 :

[[Je suis très satisfait d'un sermon qu'a fait aujourd'hui aux

I. A ce personnage se rapporte ce qu'on lit dans l'addition ù une lettre do l'abbé Bossuet à son oncle, 11 novembre 1698, publiée par Lachat, XX, p. 87 et suiv. et complétée par M. l'abbé Urbain, dans la Bévue BoMaet, ainsi qu'il suit : « J'oubliois de vous mander que j'ai tiré aujourd'hui une lettre de change sur Guenin, mon homme d'affaires à Lyon, de quatre mille quatre cents livres, dont il paiera de l'argent qu'il a pu ramasser pour moi la somme de deux mille trois cents livres. Reste deux mille cents livres, dont je vous supplie de vouloir bien faire payer quinze cents livres. Je prie mon père d'acquitter le reste et j'ordonne à Guénin de s'adresser à mon père pour cela. Si cela n'est pas payé exactement, on protestera ma lettre de change et je ne pourrai plus trouver ici un écu quand j'en aurai à faire. J'en écris à mon père » {Revue Bossuet, igoS, p. 2 23). Cf. plus haut, p. i48. n. i. Souin avait raison de trouver la condamnation de Fénelon onéreuse pour les finances de Bossuet. Cf. mon Bossuet abbé de Sainl-Lueien, p. 33, plus haut, p. i4i, n. i et plus bas, p. 258, n. 3.

Griselle. i5

220 FÉIVELON

barnabites M. l'abbé de Madot c'ctoit le panégyrique de S' Eloy Eueque de Noion, Il l'a fait comme par[ticuli]'^'' et comme Eueque un grand bomme et un grand saint, tout son auditoire qui a été fort ample a été fort content de son discours qui a été fort beau, bien soutenu, par tout crctien, moral Edifiant. Il a bien de l'esprit et du mérite, une bonne action et bien uiue.

11 m'a fait uoir après son sermon la lettre qu'il a reçu de rome de M. son fr[ere]

On ueut icy que M. de C s'attende a être condamné auec beaucoup d'éloge et qu'il a prit le dessus prétendant et en suitte rcuenir a la cour c'est un Eueque qui me la dit mais uous en tiendrés relique ^ M. de M. uous en mande -]]

M. Ghasot est auec luj [;] mad. foucauld et votre sœur^ uous embrassent on veut aussi a paris que la bulle de décision soit ici a Noël i»"" j'aurais bien gré a S. S.

Monsieur Monsieur l'abbé Bossuet a Rome ^.

I. L'expression « vous eu tiendrez relique », avec le sens ironique qu'elle a évidemment ici, signifie sans doute; « vous en ferez le cas que la chose mérite ». Furetière dit, dans son Diclionnaire (au mot reliques): « On dit proverbialement d'un homme qui fait grand état de quelquechose, qu'il en fait une relique : Il garde sa femme comme une relique » (Ed. de la Haye, 1726).

a. D'après la teneur de cette phrase on pourrait croire que la lettre de Bossuet du même jour traite la question de ces espérances caressées par Fénelon d'une heureuse issue de son procès et de la possibilité de reprendre faveur à la cour. On ne^voit rien de semblable cependant, à moins qu'Antoine n'ait voulu parler de cette phrase : « Vous ne sauriez trop répéter à leurs Eminences et au Pape dans l'occasion, que si l'on mollit le moins du monde, on aura, au lieu d'un homme soumis, un ostcntateur, un triomphateur et un insullalcur -» (Larhat, t. XXX, p. 119). Ce sont au moins, le dernier mot surtout, des expressions à recueillir pour le Lexique de la langue de Bossuet.

3. Cette sneur de l'ahbé, nommée Marie, née en i655, morte en 1787 à 82 ans (Cf. Dossiers bleus de la Bibliothèque nationale) et dont personne n'avait parlé, a été signalée par M. l'abbé Urbain. Voir Documents d'Histoire, juin 1910, p. 258, note 2.

4. En dernière page, sur la feuille restée blanche du recto, au carré de droite formé par les plis de la lettre, on lit ce détail de ménage :

Antoine ne devait point voir paraître « la bulle (ou plutôt le bref) de décision » qu'il appelle ici de ses vœux. Sa lettre du 23 décembre, celle qui vient immédiatement après celle du i ", dans le recueil incomplet de Meaux, manifeste d'ailleurs quelques inquiétudes sur l'issue de l'affaire et se reprend à craindre que Fénelon ne soit épargné.

Paris 2.3. dec. i6g8

On n'a apporté que ce matin vostre lettre du 3 entre g et lo. J'ai enuoié en même temps uostre paquet à meaux ou est M. de M. Je ne scai si uous pourez auoir reponce par cet ordinaire.

[[toutes les longueurs qu'on apporte a rome a l'examen du liure ne s'accorde pas mal auec les bruits que l'on fait courir ici qvi'll ne sera pas condamné et que la plupart des examinateurs sont eux-mêmes quictistes [.] un honneste homme qui a de bonnes correspondances a rome etc. parloit tantôt dans ces termes en bonne compagnie et cela est assez répandu, on dit que toutes ces explications quelque finesse que M. de Cambray i puisse entendre or {sic, pour hors') ce qu'il j peut auoir de malin dans sa doctrine, il a ici assez de partisans, on dit qu'a rome c'est surtout autre chose et c'est de ce pais la qu'on le mande.]]

M. Chasot est a Meaux II a donné ordre qu'on m'apportât en son absence des nouvelles à la main [;] elles sont assez mauuaises [;] il n'y coûte qu'un écu par mois, gardés uous bien de les donner pour bonnes

voici vne liste des ministres que le roi cnuoie chez les Etrangers outre M. de Tallard, bon repaux et le marquis d'harcourt [;] vous j trouueres M. de Gergi ce dernier deuoit passer en Angleterre pour uoyager mais M. de Ilarlay m'a dit qu'il n'iroit pas, ma sœur, votre frère etc vous embrassent et M. phelyp[eaux] Monsieur Monsieur l'abbé Bossuet a Rome.

« Vous recevrez par ce même courier un pacqviet de deux paires de bas dont le port est payé jusqu'à lion » .

Nous avons constaté déjà que les nouvelles à la main, même sujettes à contrôle, entraient comme un élément d'intérêt dans la correspondance du père avec son fils, et que M. Chasot avait le soin de pourvoir à ces informations '.

La source des nouvelles arrivant à Rome par l'entremise d'Antoine devait bientôt tarir. Le début de sa lettre du 29 décembre, la dernière de l'année 1698, indique que la maladie l'avait frappé. Les questions de finances y ont leur place, mais surtout le souci de la réussite de ce procès dont il ne devait pas connaître le dénouement.

P[aris] lundj 2g décembre g8

Apres m'estre remis a des mains étrangères pendant les deux dernières ordinaires - pour nous donner des nouuelles d'une assc's forte incommodité qui m'etoit suruenue, il est tems que ie nous assure moi-même qu'elle est passée, il m'en coûte deux grandes saignées etc. il m'en reste assés de foiblesse mais a cela prez j'en suis quitte dieu mercy

M. Soûin a donné i 200 £ au courier de M. le grand duc qui a apporté vos lettres du 10. de ce mois et qui s'en retourne a sa comodité; vous deuéz être satisfait de l'effet de cette depesche

1. Cf. plus haut, p. 181, note i. — La liste des ambassadeurs n'intéresse que l'histoire générale et on la connaît par ailleurs. Peut-être fautil plus attentivement recueillir le prix d'abonnement à ces feuilles de novivelles controuvées : un écu par mois. Mince détail, mais moins facile à trouver qu'on ne jugerait au premier abord. C'est de ces mille riens imperceptibles que se fait l'histoire des miBurs et coutumes, si malaisée à reconstituer à deux ou trois siècles de distance.

2. Comment entendre ceci à la rigueur? Le courrier immédiatement précédent, celui du 2 3, avait emporté une lettre autographe d'Antoine Bossuet, celle qu'on vient de lire. Sa remarque porte sans doute sur les ordinaires des 8 et 1 5 de ce mois de décembre, non représentés dans cette correspondance. En tout cas, l'écriture des deux dernières lettres conservées est notablement plus défectueuse et trahit une main de malade.

puisque sur l'aduis, le roi a enuoi un courier en dilligence auec des lettres très pressantes pour faire auancer rome.

(mot illisible) ie reçois présentement par les mains de M"" l'abbé renatidot vos lettres du 16 ueniis par un extraord""^ a M. de Torcy et que M. de M. receura demain matin a Meaux ou il apprendra bien d'autres (mot illisible) Je n'ai pas eu le loisir de la découper. Je demande seulement a M. Ghasot qui est auprès de luj [et] a M. de M. que M. lui fera uoir a son loisir la lettre pour qui vous m'écriuiez au aajet des deux mille ecus, qu'il ne faut pas vous abandonner et que ie contribuerai uolontiers a l'avance qu'il vous en faut faire. J'aurai soin de faire fermer le paquet pour M. Noblet demain matin, 11 est trop tard présentement [.] M. de Paris aura apparemment le sien que je n'ai pas vu, M. de M. ne doit reuenir que samedi, si uotre dernière lettre ne le fait auancer, prenne de nouuelles forces [.] les dispositions sont bonnes par deçà et il n'est pas possible de croire que M. le Cardinal de Bouillon 1 tienne tête contre le roi et que le pape se relasche.

On auoit asseuré que l'archeu. de Chieti ^ s'etoit dedi de son

vœu aux pied de SS. et condamné le liurc mais uous n'en dittes

rien ou je ne l'ai pas vu [.] soies plus modéré et plus circonspect

en tout que jamais [■] je vous embrasse de tout mon cœur

A Monsieur

Monsieur l'abbé Bossuet a Rome

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