I. \oir plus haut. p. 66, not« 12, 122, et 208, note li
affaire * que les amis de M. de C. n'auront plus de sujet de publier qu'on le ménage encores a la cour et s'ils veulent des effets pour les mieux desabuser S. M. raia enfin ^ mardj dernier sur l'état de a M. de C. la qualité de précepteur et ses appointemens et disposa de son logement, ce qu'il n'auoit pas encores fait, c'est a dire qu'il n'i a plus de lieu de se flater qu'il i puisse jamais auoir aucune ressource, on dit qu'il j a des amis indiscrets de deliciano (du cardinal de Bouillon) qui disent qu'il n'a pas oublié qu'on lui auoit fait perdre l'eueché de liège. Je ne le crois pas, mais de la manière que le 2/i (le card. de Bouillon) agit, il faut qu'il ait quelqu 'autre chose fortement dans l'esprit. Nous ne laissons pas de bien espérer de la conclusion et même que ce sera plutôt qu'on ne pense, M. de M. a les derniers écrits de M. de C. Il redouble ses expressions et ses hauteurs a mesure qu'il fait voir que les raisons lui manquent, M. de M. n'en fait nul cas et n'a nulle enuie de repondre, et s'il le fait ce sera bien tôt et d'une manière courte et forte. M. de C. se dédit deia de lui même de ce qu'il a uoulu faire voir de sa confession reuelée et repond bien foiblement sur tout les faits g[e]n[cr]aux, on voit bien que ses protecteurs mettent toutes leurs ressurces a éloigner mais oseront ils le faire ouvertement a l'auenir ?
3o (L'ambassadeur) ne doit partir qu'a la fin de ce mois.
vous devés présentement être a repos sur l'argent, la resolution est prise, ne laissés pas de presser pour l'exécution.
Z. (on) dit que c'est le P. Charonnier qui chante tout ce qui excite 56 (les Jésuites) et fournit tous les mémoires a Chirardin (au card. de Bouillon). Je me porte assés bien jusqu'à une nouuelle reprise. Il ni a guère de bonne ressource a mon âge votre tante et votre frc're vous embrassent.
A Monsieur Monsieur L'abbé Bossuet a Rome.
Cette dernii're lettre dn frère de Bossuet précéda de peu « la nouvelle reprise » qu'il redoutait. Du moins eut-
1. Bossuet ne pouvait manquer de connaître, et pour cause, la force de ces termes de la lettre royale.
2. Voilà un petit mot éloquent, soupir de soulagement et de triomphe.
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il avant de mourir, la triste joie, si avidement espérée, de la disgrâce définitive de Fénelon et ce ne sont pas les plus beaux côtes de cotte affaire de considérer les sentiments assez misérables qui agitaient l'entourage immédiat de l'évêque de Meaux. C'est sur ce peu honorable accent de triomphe que s'arrête, inopinément interrompue par l'issue fatale d'une maladie qu'Antoine croyait conjurée, la série des lettres à son fils. L'épilogue naturel serait le récit de sa mort, et une sorte de portrait de sa physionomie tel que le pourraient fournir les lettres de Bossuet à son neveu, lui annonçant ce malheur et les diverses lettres de condoléances que l'évêque de Meaux et l'abbé Bossuet reçurent à l'occasion de ce deuil. On les peut lire à loisir dans les éditions, et surtout dans l'introduction à la biographie de Jacques-Bénigne, évéque de Troyes, où M. E. Jovy les a heureusement groupées'.
Malgré l'intérêt de la lettre du 2 février 1699, écrite presque au lendemain de la mort, « oraison funèbre toute spontanée et toute cordiale- », qui, en manifestant les regrets fraternels de Bossuet, fait le plus bel éloge d'Antoine, ce n'est point là que se rencontre pour l'historien le meilleur de l'attention à diriger vers cette ligure originale. La part quelque peu passionnée prise, comme il était naturel, par le frère de Bossuet, au procès dans lequel celui-ci luttait de toutes ses forces pour la vraie doctrine donne plus d'ampleur au sujet. Il y aura lieu d'y emprunter maint témoignage.
Aussi valait-il la peine, malgré l'ennui, pour ne point dire l'agacementqu'en épi'ouve plus d'un lecteur, de publier d'abord la copie olTicielle et diplomatique de ces autographes longtemps délaissés, dispersés déjà en partie, exposés
1 . Une Biographie inédile de Jacques-Bénigne Bossuet, évêque de Troyes. (V. plus haut, p. 120, n. i)p. 12 sqq. et 24 ; Cf. Lâchât, t. XXX, p. 2S2 sqq.