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sais dans une cerlaine langueur cVamour : donnezmoi des enianls, ou je mourrai. Je ne pouvais doulcr de J"avoir engendré à Jésus-Christ, après (lu'élanl à lileynes], il me fut offert, afin que je l'acceptasse dans une pleine connaissance; je ne pouvais m'enipèclier de le regarder comme mon fils |7'i;î]* cl, (pioiquc je n'osasse le lui témoigner par lespect, mon fonds le nommait de cette sorte, et il fallait que quelquefois, pour évaporer ce que j'avais au dedans à cause de la contrainte, je m'écriasse : O mon ///.s% vous clés mon Jils hien-aimé, en qui je me plais uniquement \ Cela était tel que, si j'eusse hésité en ce point à cause d'une tendresse toute maternelle, mais très forte, que j'éprouvais pour lui, >«otre-Seigncur me rejetait et je n'avais accès auprès de lui, qu'en me laissant aller à ma tendresse, et en lui communiquant, quoique de loin, une grâce très forte. Il me semble que, depuis qu'il me fut donné à B[eynes], que je l'acceptai et que je m'offris pour le porter dans mon sein et pour souffrir pour lui tout ce qu'il plairait à l'amour, que je l'ai porté dans mon sein — je le trouvais toujours en moi ; ce fut vers la Saint-François d'octobre 1688 -.
1. Fénelon est pour ainsi dire le Christ du nouvel Evangile (cf. Ai(i(/h, III, 17 et lue-, IX, 35); cf. plus loin, Lettres XII, p. 08 et XXVII, p. 7/1, les mêmes expressions em[)loYées à l'égard de Fénelon.
2. 't octobre. Dans sa Réponse à la Relation sur le Qtiiétisme, chap. i (tome m, p. 7, '{), Fénelon retarde de cpiclques mois la date de cette première entrevue : « Je la connus au commencement de l'année il58g, quelque temps après qu'elle fut sortie du monastère de la Visitation (le la rue Saint-.\ntoine, et qucl<[ues mois avant que j'allasse à la (lour. »
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ni])ni- cr loiii[)s. je n'ai jamais élr iinilcM-dc Dion, pour rotounicrdans mon fonds, qne je ne le Irouvassc près de mon cœur ; mais cela d'une manière autant pure, spirituelle que réelle', car il n'v a rien d'imaginatir en moi, mais tout passe dans le fonds en réalité. C-omnie je le portais de cette sorte dans mon C(our, il me semblait que \-;Vi] les trràces, qua Dieu lui faisail, [)assaient par moi ; et, je n'en pouvais douter, je le sentais plus proche et plus pressant que les enfants que j'ai portés dans mes entrailles ; et, de tous les enfants si)irituels que Dieu m'a donnés, je n'en ai eu aucun qui me fût pareil à celui-là : C'est une intimité qui ne se peut exprimer ; et, à moins d'être fait une môme chose", il ne se peut rien de plus intime. Il suffisait que je pensasse à lui, pour être plus unie à Dieu''; et, lorsque Dieu me serrait plus fortement, il me paraissait que, des mômes bras dont il me serrait, il le serrait aussi \ Depuis les huit premiers jours, après notre première entrevue à
1 . Sur cet emploi de autant devant un adjectif, emploi fréquent au xviie siècle et qu'on retrouvera plusieurs fois dans les lettres suivantes, cf. Haase, Syntaxe française du xvii" siècle, trad. Obert. Paris, Picard,
2. Cf. plus loin. Lettre du 20 sept. 1G89, p. 283 : « Je vous assure que votre âme est tellement une môme chose avec la mienne I « ; cf, encore Lettre XL, p. 106 : « Il me semble quelquefois que l'on ne veut laire qu'une seule et même âme de la vôtre avec la mienne » ; Lettre L, p. 129, etc.
3. Cf. Lettre LXXXl, p. 19'! ; Mme Guyon à Fénelon : « Dieu... qui se manifeste d'autant plus à moi, qu'il vous y manifeste davantage », cf. Lettre LU, p. 182.
:'i. Cl. Lettre LYIII, p. 146 : « C'est comme si Dieu me serrait plus étroitement des bras de son amour et que de ces mêmes bras il vous serrât aussi. »
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lijeynesj, où je soudris beaucoui), car jo trouvais comme un chaos entre lui et moi, qui empêchait mon cœur de se verser dans le sien, mais à mesure que je souflVais, je trouvais que ce chaos se détortillail. jusqu'à ce qu'enfin, étant entièrement détortillc, je tiuuvais (ju'avec une suavité incomparaiîle mon cœur se versait dans le sien, sans que je le visse, ni que je lui parlasse ; mais au commencement avec moins de largeur, ensuite toujours plus facilement, en sorte que j'éprouvais qu'il se faisait un écoulement presque continuel de Dieu dans mon âme, et démon <\me dans la sienne '. comme ces cascades, qui tombent d'un [t'i"»! bassin dans lautre. (-ela était souvent en sorte que je ne pouvais parler, et je me tiiais à l'écart [)ourme laisser posséder à Dieu -, et le laisser opérer en moi pour lui tout ce qu'il voulait, il v avait des moments, où Ton' me réveillait avec une promptitude extrême, et je le trouvais tout prêt à recevoir ; alors il recevait, mais cpielquefois je sentais cet écoulement comme suspendu, et j'éprouvais qu'il était alors mis en sécheresse. Je ne lui disais pas cela ; ne pouvant lui parler, je lui écrivais quelque chose. Mais il m'est impossible de bien exprimer ce
I. Cf. Lettre XII. p. .'|3 : « J éprouve que mon ànie, ainsi que je vous l'ai (lit, s écoule sans cesse dans la sienne » ; cf. encore Lettres XXIU, p. 68; XLIII, p. ii6; LU, p. 182 , LXIV, p. iS;, etc.
3. Sur icette construction do l'infinitif passif avec à après [aisser ou faire, cf. Haasc, loc. cit.. § ia5. Rem. II, p. 3r>/i ; cf. [dus loin Lettres XLI et XLIX, p 108 et 127.
.■?. On désigne souvent chez Mme Guyon l'impression de Dieu sur l'àme, cf. plus loin Lettre XXVI, p. 72 et passim ; sur ces « réveils » de ^Ime Guyon, cf. Lettres LXIV, p. 157 : LXX, p. 170; XCIV, p. 23o.
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(lue je sons à son égard. Dieu me (il comprendre les grands desseins qu'il avait sur cette âme, et combien elle lui était chère. Je m'étonnais de ce qu'il me ilonnail plus pour lui seul que pour tous les autres ensemble; et l'on me faisait comprendre en cola que Ton voulait beaucoup l'avancer, et qu'il ne lui serait rien donné que pat ce misérable canal '. Je n"osais m'expliquer de tout cela ; cependant j'étais quelquefois si fort poussée que, pour ne pas résister, ne le pouvant plus malgré mes répugnances naturelles, je passais outre, et j'en écrivais; j'aspirais h une certaine liberté, qui était de pouvoir agir avec lui sans gène", et qu'il put concevoir ce que je lui élais en [7^*"'] .lésus-Christ ; mais, les avenues étant fermées, je ne pouvais assez m'en expliquer''.
lime fut donné à connaître que, dès 1680 que Dieu me le fit voir en songe ^, il me le donna, et qu'il me