Sur durant que. Cf. Haasc, loc. eil.. § 187, i". p. 3(ji
2. Fénclon, Instructions, t. VI, p. io(), g : « Votre amour est Ivran- •nique ; il ne dit jamais : c'est assez: plus on lui ilonne, plus il doinande. »
-2-2 H:NEL0N et m (UÎYON
Aino, lait un pIIcI loiit conliairr à ce fjuo l'on attribue à l'amour. On dit que l'amour ne se laisse jamais vaincre en bienfaits; mais cet amour cruel et impitoyable lait tout le contraire. Plus on lui donne, plus il exige : plus le sacrifice est pur et désintéressé, plus il fait perdre à l'homme ce qu'il estime le plus, plus aussi il découvre de nouvelles matières de sacrifice ; et lorsqu'il semble c[ue tout soit fait, et qu'il n'y ait plus rien à sacrifier, c'est alors qu'il découvre cent choses qu'il veut encore qu'on lui immole. Et comme, lorsqu'il ne l'ail que dépouiller l'àme, et qu'il ne lui donne aucune pente pour se sacrifier, il ne lui donne non plus aucune vue de ce qu'il veut c[u'on lui sacrifie (du moins en détail), et qu'alors il ne s'agit pas de s'immoler par pratique, — de même, lors([ue Dieu invile au sacrifice, il faut une fidélité inviolable pour se sacrifier.
[Suite de la nièiuc idée ; contradittidii ajuiarenlc de la liberté cl de la nécessite dans cet état passif.]
Quoique ce que je vous écris vous paraisse peut-être peu utile, si vous aviez la bonté de mettre à part cette lettre, vous verriez un jour cjue je vous ai dit la vérité '. Toutes les âmes d'expérience ne peuvent ignorer la conduite de l'amour pur, qui se montre dans Vinvnolution avec tous ses attraits, et cjui souvent dans Vexécuiion ne se montre plus : qui se cache et disparaît, sitôt que l'amante a fait ce cjuc veut l'amour ; de sorte qu'aprèsl'avoir engagée par ses charmes à lui obéir, il ne lui laisse pas la douceur de connaître si elle lui a obéi, ni s'il a agréé son obéissance. 0 amour, plus doux dans te& plus étranges rigueurs que tu n'as été aimable dans tes douceurs ! tu possèdes si fort celui duquel tu t'es rendu maître, que, plus tu lui es sévère cl impitoyable, plus tu