‹ Fénelon & Mme. Guyon, documents nouveaux et inéditsChapitre 110 sur 347 · T. m, Lettre Cil, p. 't'i<)-'iD · texte numérisé non relu

T. m, Lettre Cil, p. 't'i<)-'iD

2. C'est, à ce qu'it semhle, Fcnclon lui-même. Nous retrouverons plusieurs lois au début de cette correspondance ces façons impersonnelles de parler de Fcnclon, sans doute pour dépister les indiscrétions possii)les.

3. La perle îles puissances ou mort de toutes les facultés de l'àmc est décrite en détait par Mme Guyon dans son conuncntaire de saint -Mntiiiiu (iH^uvres complètes, édit. de i-go, t. XIII .H5o-i) : « La

;Ui KENELON ET M (Il' VON

1111 ciMlaiii Iravail sans Iravail' (je ne piii> nrc\pli(HU'r auliomont). qui est une négation de tout, (jui le mette en nudité et en vide, et lui donne ce non-vouloir - qu'il a. Cela se fait en lui de cette sorte à cause des grandes lumières acquises, qui font qu'il entre aisément dans ce qui est le |)lus parlait. Il n'en est pas de même en nous autres cjui ne savons rien : ni voie, ni moyen de nudité. Dieu nous a dénués, en surmontant notre opération par l'abondance de la sienne. Il arrivera sans cet ordre ; mais Dieu, avant ce temps, le mettra non dans la nuit active'', ou de négation; mais dans une nuit passive, cjui sera une obscurité grande. Jusqu'à présent il a possédé sa voie et son anéantissement ; mais alors il sera rckhiit au néant, el il ne le saura pas '". Encoi'e une fois, il n'y a rien à faire à piésent pour lui. Il est bien, qu'il suive son chemin jusqu'à ce qu'on le lui bouche de pierres carrées •'. Ce que je vous dis ici est la vérité de son état, etla conduite de Dieu surlui ; et vousle verrez. Faites de ceci l'usage que Dieu vous inspirera : car, pour moi, je

niùrt des puissances so fait par la privation de cr qui Ifur <lonne la vio... Le renoncement ou la mort de l'enlendemenl s'opère par le (iétacliement ot par la perte de toutes les lumières ou acquises ou infuses, comme lui étant propres... Le renoncement ou la morl de la mémoire, etc. »

I . Nous trouverons plus loin des formules analogues : vue sans vue, soin sans soin, courage sans courage, mouvement sans mouvement, etc. Ce sont des formules éminemment « quictistes » , pour marquer la passivcté de l'àme jusque dans ses actions. Fénolon lui-même s'en servira ; cf. Lettres spirilnelles, i. ^III, p. .1118, (/ : « Courage sans conrag humain. »

i->. Sur le non-vouloir, cf. Justijicalions delà Doctrine de Madame de la Molhe-Guyon, cdit. de 171JO, chap. xv : Non-désir (choix, vouloir, tout est compris sous le nom de « désir »), t. L p. 176-aoi. Cf. la définition, |). 197, note a : « Le non-vouloir et le non-désir vient de la mènu' cause, qui est de la mort à nous-mêmes et de la vie en Dieu, ce qui se fait par amour et transformation de notre volonté en celle de Dieu. »

3. Cf. Lettre XXXVIII, p. iji : «mort active», la lettre suivante traitera précisément de cette nuit ou mort.

h. Ps. LXXII, 22.

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