Cf. Lettre XI[, p. 'i.S d n
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nous, non à causr de nous, mais à cause de lui-niêmo, qui ne peut envisager que sa gloire dans les desseins qu'il a sur les hommes. Et ainsi c'est lui dérober la gloire que se soustraire à son domaine, et c'est une fausse humilité que celle qui ne veut point se laisser conduire aux grandes choses comme aux plus petites. Le vrai humble ne prend rien pour lui dans l'élévation ni dans l'abaissement : il se laisse en la main de Dieu comme un instrument destitué de sa propre vie, quoique la remise qu'il fait à Dieu de lui-même soit l'acte le plus parfait de la vie: il se laisse, dis-je, à Dieu de cette sorle, content de servir à ses dessseins les plus relevés, comme d'être rendu le plus inutile.
Dieu conserve ces personnes avec tout le soin de sa Providence, qui surpasse infiniment toute la prudence ; et, comme Dieu bénit toute chose et la manière de vivre en tout état et en tout lieu, il donne à ces âmes les difl'érentes postures nécessaires pour agir conformément à la capacité des personnes avec lesquelles ils traitent, car le soin de Dieu est infiniment plus grand que le nôtre ; et nos mesures de prvidencc sont fort courtes au prix des desseins de sa sage Providence sur une âme qui lui est consacrée; et, lorsque nous aurons souvent cru le mieux réussir par nos soins, c'est alors que nous aurons moins de succès, parce que nos vues sont faibles, et que nous ne connaissons pas ce qui se passe dans le cœur.
Cette lettre ici* est plus pour lui, que pour vous. Mille saints en Notre-Seigneur. Vous m'êtes toujours plus cher en lui, car il vous aime. Je vous assure que je ne puis aimer que ceux qui sont à lui : et je les aime d'autant plus qu'ils lui sont plus chers. La mesure de mon union pour eux est la mesure de l'union qu'ils ont avec Dieu ; et je vous assure que je n'ai ni mère, ni frère, ni
1. Vangclas (liemarques, odil. cil., t. II, p. 08) remarque quon dit plutôt à la Cour : cet homme ici, et à Paris : cet homme-ci.
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sœur, ni cnl'anf, que ceux qui sont la volonté de mon Père céleste' : tout le reste ne m'est rien.
Il ne faut pas que votre ami vous attire, mais c'est à vous à l'attirer. La conversation nous rend semblables à nos amis, et il arrive souvent que celui qui est dans un degré supérieur redevient égal, entrant dans les sentiments et manières, qui, quoique très solides et vertueuses, ne sont pas de saison pour nous. Je prie Notre-Seigneur de vous éclairer sur ce qu'il me lait vous dire. L'amour est délicat et jaloux. O qu'il faut peu, qu'il faut peu pour nous tirer de la simplicité ! Ce n'est souvent qu'une bagatelle qui y est contraire, mais qui à la suite se srrossit, et devient un obstacle.
Comme l'on devient toujours plus simple par l'exercice de la simplicité, sitôt aussi c|ue l'on s'en éloigne, pour entrer dans une prudence vertueuse, on perd insensiblement la trace ; et, en se fixant, on fait une perte irréparable, et l'on dérobe à Dieu une gloire inlinie : car ce n'est que de la bouche des enfants qu'il reçoit une louange parfaite^. Cette vérité vous est si essentielle, et si fort le fondement des desseins de Dieu sur vous, que je donnerais mille vics'% si je les avais, pour vous y faire entrer au point que Dieu veut : et depuis hier je suis dans un état de victime auprès de Dieu pour cela.
1 . Reprise pour son compte personnel de la [)arole du Christ à la foule (Math., XII, ^7 ; Marc, III. 3i ; Luc, VIII. 19).