C'est la lettre précédente
/(. Cf. plus haut, p. f)9.
FÉNELON A M- GUVON 103
cl puis me laisser coninic un enlanl à mes premières pensées ? Je crains que cela n'aille trop loin, et ne m'engage à abandonner la prudence, qui est recommandée dans rKvangile'. D'un autre côté, j'ai aussi à craindre d'être trop sage ^, trop attentif sur moi-même H trop jaloux de mes petits arrangements. Mon penchant est de trop retoucher ce que je fais et de m'y complaire. La règle de marcher comme un iiveuglc jusqu'à ce que la muraille arrête, et qui se tourne d'abord du côté où il trouve l'espace libre ', me plaît beaucoup ; mais dois-je espérer que Dieu me lèrmera aussi tous les côtés, oii je ne dois pas aller ? Et dois-je marcher hardiment, tandis qu'il' ne mettra point le mur devant moi pour m'arrêter ':* Je ne crois pas avoir à craindre de me mêler de trop de choses ; au contraire je suis naturellement serré et précautionné '.
1 . Allusion sans iloule à la parole du Cliri>t ; » Soyez, pnulcnls comnic (les serpents » (Malli., X, 16).
2. Cf. à la fin dn voliniie, dans les Poésies, n" XIV, p. 3l3o. ladicu à la « vaine prudence » ; « Jeune j étais trop sage, etc. ». — Fénclon essaiera de concilier l'abandon et la prudence dans les iorniiiles habiles de l'article XXX, vrai, daV Explication des Maximes (cdil. cit., p. a 16-7). C'est le commentaire de tout ce passage: « Ils (les vrais enfants de Dieu) ont dans la simplicité de la colombe toute l.i prudence du serpent, mais une prudence empruntée, qu'ils ne s'a[ipropricnt non plus que je m'approprie les rayons du soleil, quand je marche à sa lumière. » Cf. plus loin, Lettres M, p. i3i, etx^.