‹ Fénelon & Mme. Guyon, documents nouveaux et inéditsChapitre 168 sur 347 · A pour conséquence ; fréquent dans ce sens au wii" siècle · texte numérisé non relu

A pour conséquence ; fréquent dans ce sens au wii" siècle

FKNELON A M GUYON 113

niar(|iio <[uo la volonU- est amorlic, cl non pas morte. Quand la volonlt' est pairailcincnl morte il n'y a plus ni résistance, ni répugnance : et l'on ne peut jamais conn, litre si une àinc répugne on résiste, qu'elle n'ait été dans le creuset et à l'épreuve. Jusqu'à ce temps ce n'est qu'aniorlisscincnl. causé par l'onction de la grâce et la docilité de l'tune ; ce qui la prépare et dispose beaucoup à la mort '. Il est vrai que vous n'avez aucune propriété volontaire et délibérée- ; et je sens avec un plaisir, aussi grand (jue ce que Notre-Seigneur me donne pour vous est inlinie, la souplesse de votre âme; mais il y a une propiiélé naturelle et liabituelle, qui subsiste, quoiqu'elle ne vous paraisse pas actuellement pour les raisons que je vous ai dites.

Ma santé se détruit, et ma faiblesse est augmentée par l'élendiu' de ma fièvre. Dieu sait ce qu'il veut (aire de ce néant, cpii est tout à lui, et en lui tout pour vous. Oserai-j-je vous prier de garder ces lettres ? parce qu'il viendra un temps, où vous les comprendrez encore d'une autre soile; et vous trouverez vos dispositions, quoique cbangécs, conloruies à ceci ; car les lumières générales, quelque propres et utiles cpi'elles vous paraissent, ne le sont ja nais autant que colles <pii nous sont données pour nous-iuènies '.

XLIi. FÉNELON A M'"«; GUYON ►

.le inc sens porté à vous écrive depuis hier. Madame.

I. (.est la réponse àla (lcm;in<le (p. lo'i) : « Marquez la iliiïcrcni < précise rnirc mort et ainortissetiicnt ».

! « Je croirais que je n'ai aucune propriété nalunllo ot iléliLcréi'

3. Cille liMIre, qui ré[)on(l à celle «lu G a\ril, est sans doute du - ', T. V. Lettre XIX, i). a'i^-T).

quoique j'eusse résolu de uc point le faire, devant vous parler bientôt. Je pense très souvent à vous, et je me trouve uni à vous de plus en plus, mais c'est une union générale et de pure foi '. Je me trouve avec vous en celui qui est tout *, et il me semble que nous y demeurerons toujours unis ; je suis persuadé comme vous que Dieu se sert de vous pour me préparer ses dons. La pensée que j'ai de vous m'est toujours utile, car je ne vous vois jamais qu'en Dieu, et Dieu à travers de vous, sans m'arrêter à vous. J'ai quelquefois certains petits mouvements de cloute et de tentation sur votre sujet ^, mais ils ne sont que passagers et dans l'imagination.

Notre union est fixe* et elle va toujours croissant^ dans ce temps même. Vous- avez raison de dire^ que rien n'est si doux que ces unions, quoiqu'elles ne paraissent donner aucun sentiment distinct. Je ne saurais dire aucune pensée particulière, que j'ai eue en pensant si souvent à vous. C'est une vue confuse^

1. Cf. Lettre à la comtesse de Montheron, s. d., t. YIII, p. 709, g ; « Mon union avec vous ne fut jamais si grande qu'elle l'est » ; cf. encore à la même, Lettre du i3 mars 1702, t. VIII, p. 645, (/: « Il faut me regarder d'une vue de pure foi. »

2. Cf. Lettre à la comtesse de Montheron du 2D juin 17 10, t. VIII, p. 70/1, g: « Je vous suis dévoué... sans mesure, en celui qui doit cire à jamais toutes choses en tous » ; cf. plus haut, Lettre X, p. 3f).

.3. Cf. Lettre du 16 octobre i(58g, p. 294.

4. Cf. Lettre à la comtesse de Montheron du 21 avril 1707, t. VIII, p. 676, 17: « De plus en plus dans une pente à l'union fixe avec vous.»

Page 1