‹ Fénelon & Mme. Guyon, documents nouveaux et inéditsChapitre 167 sur 347 · Jcr., XII · texte numérisé non relu

Jcr., XII

M CUYON A FENKLON IH

grande [JureU', aussi Inoii que d'une délicalcsse d'amour liés parlicullèie, vous uo vous tioiupcroz point, car les nuirailles ' (d'oppositions) ne seront posées que dans les lieux où l'on ne veul point que vous alliez. Cédez donc à la résistance, et cessez de vous conduire par la raison, cl même par la raison éclairée, et vous irez bien. Quel- (pie sage ([ue vous soyez. Dieu est plus sage que vous. Son amour pour vous est égal à son pouvoir ; il ne vous laissera point faire de fausses démarches. Si vous en faites dans la suite, c'est que vous aurez douté et hésité avec S. Pierre, et que vous aurez voulu suivre une autre ^ conduite, car. il faut bien du temps pour être alTcrmi dans celle-ci. Qu'il vous en coûtera, et que souvent vous retomberez dans votre première manière d'agir.

Dieu a fait tout ce qu'il fallait [)Our vous bien faire mourir, ([ui est, de vous conduire par la voie de la foi ; car, ayant l'esprit si délicat et la raison bien plus éclairée qu'un autre, il v aura bien à mourir. Il ne vous sera pas si dlllicile de le faire, tant que vous serez conduit par une foi savoureuse - ; mais ce sera, lorsc[ue la nudité sera plus forte. Cependant, si vous vous accoutumez de bonne heure à suivre cette route, elle vous sera d'une extrême consolation, lors([uechez vous tout sera dan.s de plus épaisses ténèbres, parce qu'elle vousùlera les doutes et les hésitations, et vous fera aller au-dessus de toutes les incertitudes et des dangers même.

Sitôt que vous vous apercevez de quelque mouvement de propriété, il faut laisser tomber les choses ^, et vous laisser conduire en enfant, car c'est à ceux qui ne se

1. « Un aveugle iiiarclie toujours, jusqu'à ce que, trouvant une muraille qui le borne, il comprend qu'il faut aller par un autre enilroil. » (Lettre XXWIII, p. loo.)

2 . La définition de cette foi en opposition à la foi obscure et nue est faite par Mme Guyon dans la lettre du iT) juin iti8g, p. 172 ; cf. encore Lettre CXXIV, p. .Soç).

.3. Sur celle formule, cf. Lettre \ III, p. 3i, n. j.

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conduisent ni par la oolonlé de In cliair, ni par In nolonlé (le riiomine, mais par la volonl/' de Dieu, (\n'il esl donné d'être enfant de Dieii\ Oui, Dieu veut que v()u> soncz enfant-, et des plus pclils cnl'auls: c'est coiumc il vous veut, c'est où il vous aime, et où vous lere/ les délices de son cœur. Il ne demande que cela de vous, pour retour à tant d'inlluies miséricordes qu il vous (ail; et c'est la seule disposition où il vous veut, pour laire en vous et de vous tout ce c|u'il lui plaira.

Si vous vous accoutumez de bonne heure à celle souplesse, vous ne souffrirez guère, car le dessein de Dieu n'est pas de nous l'aire soullrir; rien ne S!)uilVe chez nous que la résistance : (jai a pu résister à Dieu, et viore en paix^? Ne résistez jamais, vous ne souilrirez jam ils. Je ne m'étonne pas des fautes actuelles et passaii;>res ; cela totnbera, et servira h vous faire mourir. SouvenI la vive douleur d'une faute vient beaucoup de la nature, qui ne la peut soullrir, et cfui a encore plus tie peine, lorsque les fautes ont paru et mal édifié ', quoi(pi'elle ne vole dans le moment aucun de ces niolils dans sa douleur, mais seulement la peine d'avoir offeus' Dieu. Il faut porter cette peine nùinent, sans vouloir par une activité naturelle accommoder les choses, soit du coté de Dieu, soit du côté des cri-atures. Ceci est très fort, et l'on y manque souvent, même par bon prétexte. Ceci emporte ^' dans la suite une mort fort étendue.

Quoique les fautes que vous faites vous paraissent n'être que passagères, et purement naturelles (et cela est vrai), elles viennent pourtant d'un principe habituel qui

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