‹ Fénelon & Mme. Guyon, documents nouveaux et inéditsChapitre 248 sur 347 · T. Y, Lettre XXXYllI, p · texte numérisé non relu

T. Y, Lettre XXXYllI, p

3. Les deux lettres précédentes ne semblent faire allusion qu'à la seconde de ces « deux choses ». Peut-être pourtant l'histoire des

suppôts de Satan » rentrc-t-elle dans « le premier article ».

.'4. Il s'agit peut-être de quelque commérage indiscret colporté à Saint-Cyr par Mme de La jNIaisonfort ou une autre « fille » de INImc Guyon .

FKNKI.ON A M ■ (il VdN -2lto

à moi par le plus all'renx et le plus liuniilianl coté. Je ne pouvais non ])lus ' dissiper ces [)ensées et la douleur qui <mi élail la suite, (pn' je pourrais maintenant voler au milieu de l'air. Mais, comme je ne faisais que souffrir et me tenir à Dieu, sans pouvoir rien juger de vous ni en bien ni en mal, je ne crois pas avoir commis d'infidélité, et il me semble que Dieu m'en fait tirer le profit d'avoir acquiescé sans aucune réserve aperçue pendant cette épreuve à tout ce qui peut crucifier ma ^anité, mon ambition et ma fausse sagesse. Maintenant, je suis dans le calme depuis plusieurs jours, et vous pouvez me croire, quand je vous assure, que je n'ai jamais été si intimement uni à vous, que je Fai été ce matin.

PovH" les purifications passives, je crois qu'il n'en faut pas écrire, c'est-à-dire n'en rien faire ini[)rimer. La raison que j'en ai dite-, montre assez, que je n'ai voulu [)arler que de l'impression par rappcut au public ; car j'ai dit qu'on scandalisait bien plus les Ames faibles, qu'on n'édifiait le petit nombre des âmes éprouvées. Je persiste dans ce sentiment, que je crois très conforme au vè>trd ; mais je n'ai jamais voulu dire qu'il ne fallait pas en écrire en secret, comme vous m'en avez écrit. L'éclaircissement de ces

1. Sur cctio construction liabitiu-llc h Fcnclon, cf. Lettre XL^ II, p. 122 et n. 3.

2. On voit l'incortitudo de la syntaxe de Fcnelon sur laccord du participe passé, si toutefois il faut se fier à la copie de Dutoit. Il écrit ici : tt La raison que j'en ai dite n et quelques lignes plus haut ; « C'est une chose que M[adamcl de M[ainlenon] m'a dit n ; cf. Ilaasc, loc. cit.,

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clioscs, bien loin tic me scandaliser, m'alTermit o( iii\Hait loul à lait nccessairo. Je suis très persuadé qu'il s'en faut beaucoup, que je n'entende beaucoup de choses très délicates et très profondes, dont l'expérience seule peut donner la vraie lumière ; mais, pour les principaux états de la voie, il me semble que je les comprends sur vos écrits d'un bout à l'autre, du moins en gros, et d'une vue générale, en sorte que je les réduis sans peine aux vrais principes de la plus sainte théologie'; ainsi rien ne peut me scandaliser à cet égard là. Ma tentation de scandale^ se tournerait vers votre état, où vous suivez sans examen votre goût intérieur avec tant de vivacité, ou, pour mieux dire, avec une force qui vous entraîne si rapidement. Je craindrais ces sorties, d'ailleurs si opposées à celles de mon état, toujours délibérant et précautionneux'. Je craindrais même horriblement d'être entraîné, comme vous, dans une conduite qui démonterait ma sagesse aux yeux de tout le monde, et aux dépens de toute réputation. Ce qui ferait que la nature jetterait les hauts cris* dès les premières

« I . Je suppose que je sois entêté de Mme Guyon en la croyant bonne, et que je vais même jusqu'à ci'oire qu'on peut l'excuser par rapport d tous ce qui est dans ses livres » (^Lettre à l'abbé de Chanlerac du 8 de. cembre [1697], t. IX, p. 26^, '/).

2. Sur ces doutes intermittents de Fénelon à l'égard de Mme Guyon. cf. Lettres du vendredi saint et du iG octobre 168g, p. ii'i et 2(j3.

3. Cf. Lettres du 2 décembre 1688, p. 26 et n. i, du 6 avril 1689, p. io3 et n. 4, du 12 juin 1C89, p. ï66 et n. /(, Lettre CXXIV, p. 3io.

U. « Je dis tout bien à mon aise, moi qui cherche le repos et la consolation, moi qui crains la peine et la douleuf, moi qui crie les hauts cris, dès que Dieu coupe (hins le vif» (Lettres spirituelles, t. VIII, p. 5(u|, ,/).

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alarmes. Mais il est bon de voir toute sa faiblesse et d'avoir peur d'une servante, comme saint Pierre qui avait l'ait tant le brave ' ; peut-être que ces accès me reviendront. J'aurais grand tort de répondre de moi ; mais, depuis plusieurs jours, mon union avec vous va toujours croissant, et je suis persuadé qu'elle n'a pas cessé de croître au milieu de ma peine.

Pour votre Vie~, donnez-la moi conmic vous voudrez, mais n'allez pas %ous tuer à en iaire un abrégé. Si vous ne voulez pas que je lise tout, à cause que j'ai en eiTet peu de loisir et peu de goût pour la lecture, marquez-moi les endroits que je devrai lire. Je serais ravi de vous revoir le jour de la Magdeleine', mais ne vous incommodez pas. Je ne m amuse point de vous parler de ma reconnaissance pour toutes vos bontés ; il me semble que la nature du lien, qui nous unit, doit bannir toute espèce de compliments^,

1 . L'aventure de saint Pierre avec la servante est citée par Mme (juvon dans son Petit abrégé de la voie el de la réunion de l'àme à Dieu (Opuscules, édit. cit., t, II, p. 820) et par Fcnelon à plusieurs re- [)riscs ; cf. Manuel de Piété, t. VI, p. f).'!, g, Instructions, id., p. i45, fy. Lettres spirituelles, t. YIII, p. 502, g et CSq, g. Dans ces deux derniers passages, l'histoire est accompagnée des commentaires suivants : « On finit par avoir peur d'une servante... 0 qu'on est faible ! Mais autant (jue notre faiblesse est déploralde, autant l'expérience nous en est-elle utile » (p. 562). « ^'oilù l'homme, voilà ce qu'il donne, dès qu'il donne du sien et qu'il promet quelque force de soi » (p. G3()).

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