L'opuscule sur les « purifications passives
3. Ceci est sans doute une allusion aux « filles du P. Vautier )), tlévotes plus que suspectes, qui essayaient de compromettre Mme Guyon. Dans une lettre au duc de Clievreusc du 2 juillet 1698, elle raconte cette histoire comme datant déjà de « plusieurs années », ce qui contribue à rendre vraisemblable Tidentification que je propose ; « J'ai toujours eu en horreur, dit-elle, un grand nond)re de filles exécrables, <iui courent dans Paris, qui étaient à un père qui s'appelait Vautier, ot qui, selon le rapport que l'on m'a fait de lui, peut élre appelé le chef Ac la synagogue de Satan » (Œuvres de Fénelon, t. IX, p. 10, g).
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<lccrier par là les vrais sorvilours du Soiniieur, qui, raimant de tout leur cœur, sont avec plaisir ballottés par sa Providence dans les misères et les humiliations les plus étranges.
Il y a deux manières de juger des âmes : la première ol la plus commune est celle que vous dites, par cet[u"elles ont été, et par la conduite de leur \ic; la seconde, par un goût intérieur, qui vous rend un assuré témoignage de Dieu en l'àmc. Celle-ci est la plus sure marque.
L'envie que j'ai que vous me connaissiez à fond, me donne toujours plus de désir que vous voyiez ma Vie^ ; mais, comme elle serait trop longue, je la mettrai en abrégé et je ne mettrai que l'intérieur, avec la conduite extérieure indispensablcment nécessaire à se faire connaître ; car. quoique je ne puisse me défier de mon Dieu et que je sois aussi contente d'être trompée (jue de ne l'être pas, je crois que je dois soumettre toutes choses à votre jugement; et je vous prierai de la lire par charité, afin que vous jugiez de tout.
Quoi qu'il en soit de moi, quand je serais mi démon, je ne saurais m'empêcher de vous prier, au nom de Dieu^ de n'entrer jamais en défiance de votre grâce ni du don de Dieu, et de marcher le sentier qu'il vous a tracé luimême, car, quoicjue ce soit le chemin de la mort, c'est la source de la vie. Quand il me faudrait mourir comme une infâme, je me trouverais trop bien payée d'avoir pu vous dire ce que je ne doute point que Dieu ne veuille de vous. Je vous dirais volontiers (pie Satan a demandé de vous cribler^, mais que votre loi ne délaudra pas ; et, <()miue Dieu vous conduit par la ])luspure loi, il a voulu
I Cf. LiUros IV, p. /A et WMll. |.. 7;).
z. Cf. fragment d'autohiograpliic, p. 'j. cf n. '1 .
■i. Mme Guyon fait sit-nnc la parole du Christ à Pit'rro après la ci'-no ; cf. Luc, XXII, Hi ; cf. plus loin Lettre du 37 novembre i68g, p. 827 et n. î.
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se servir d'an sujet si vil, (|u'il ne pùl jamais vous servir d'appui.
Ne jugez pas, Monsieur, les choses que j'ai eues pour vous ; je vous assure (pie vous êtes l'unique, el tout le monde se plaint de mon silence'.
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Vous avez }>ris, Madame, trop lorlement deux choses ^ : l'une qu'il y a peut-être des gens qui parlent trop; l'autre qu'il ne faut point écrire sur les purifications passives. Pour le premier article, c'est une chose que M [adanie] de Ai [aintenon (?)J m'a dit, et que je vous ai raconté simplement. Il est vrai qu'en vous la racontant, j'ai eu la vue de vous rendre compte de la peine que cela m'a fait pendant une nuit, et en même temps de vous avertir, afin que vous prissiez garde à vous assurer de la discrétion des personnes auxquelles vous parlez avec confiance \ Il est vrai que pendant une nuit, j'ai eu sur tout cela, je ne sais combien de réflexions, qui venaient en foule me mettre dans une amertume insupportable. Tout se montrait
1. Celte lettre iloit être tlu lo ou ii juillet. Elle semble fl'ailleursincomplète, comme le montre le début rie la lettre suivante.