‹ Fénelon & Mme. Guyon, documents nouveaux et inéditsChapitre 283 sur 347 · Cf. Lettre ill, p. a2 et n · texte numérisé non relu

Cf. Lettre ill, p. a2 et n

3. Sur cet emploi archaïquo du [)ronoin //, cf. Lettre du 12 août, p. 255 et n. 4.

/|. Cette suspension est dans le texte de Duloit.

268 FÉNEI.ON ET M- (iUYON

Je me sens pressée de vous dire qu'il esl de consécjucnce de savoir qu'il y a des nmes que Dieu choisit d'abord, el sur lesquelles il a f/es (i^sswis, mais elles s'égarent et quittent par leurs fautes la voie du Seigneur. Cela n'empêche pas que leur appel et leur grâce noient été véritables, comme il est vrai de Judas à l'apostolat, et de Salomon. Il y a deux sortes de ces personnes : les unes déchoieiil véritablement et ne reviennent plus ; les autres au contraire ne font que s'égarer et reviennent. Jésus-Christ ne s'était pas trompé en cet Apôtre, ni Dieu en Salomon ; mais ce sont des promesses conditionnelles, comme celles qui furent données au peuple Juif: son égarement n'empêchait pas qu'il n'eût été choisi de Dieu ; Dieu le punissait ; mais après un long châtiment, il retournait en sa grâce. Je vous assure que M. J.' retournera au Seigneur, et que, malgré son égarement, qui sera très long, il est un vase choisi : c'est pourquoi je vous pi'ie de ne lui point nuire. Je le ferai sortir, si je peux; si je ne le puis, 11 faudra prendre la voie de ses supérieurs. J'ai été plus certiflée encore que vous serviriez à N., et que c'est vous qui avez pris pour cela la place de..., lorsqu'il me fut arraché : et cette pensée m'est imprimée ; son épiscopat sera donné à un autre-...

Lorsque l'on m'interroge sur les choses que j'ai dites ou écrites, je reste interdite, et il ne me reste aucune idée, à moins que INotre-Seigneur ne me le rappelle. Mais 11 permet souvent qu'on me parle des choses sur lesquelles il ne m'a donné nulles lumières, parce qu'il a dessein de m'éclalrer après là-dessus. Je vous dis tout simplement ce qui me vient dans l'esprit.

1. L'allusion laite plus loin à « ses supérieurs » uic donne à croire qu'il s'agit ici de M. Jasseaux, prêtre de la mission et confesseur de Mme de Maintenon. Il était du parti « guyoniste », et travaillera plus tard activement à faire rentrer en grâce Mme Guyon auprès de Mme de Maintenon (Phelippeaux, loc. cit., t. I, p. 3o).

2. Dans le teste de Dutoit, la phrase s'arrête sur les point&<le susjwnsion.

KKNELON A M""^^ (.UVOX 269

M. lahlx' (lo I.[;ingeron| a besoin de vous, et il mènerait nue \i(' pleine de vicissiludcs, s'il ne vous avait point. Dieu vous l'adonné, avez-cn -soin : il l'aime, quoiqu'il n'ait pas dessein de le conduire jusqu'à la consommation : il N a |)lnsieurs demeures dans la maison du Seignevu' ' .

Depuis ma lettre écrite juscju'ici, j'ai une certitude (jueN. vous éla'd donnée. 11 faut de la patience, car les choses ne s'accomplissent pas d'abord ; mais Dieu le fait attendre et souvent bien acheter. J'ai tiré tout à coup le I V chapitre du V livre d'Esdras-, et j'en ai été pénétrée du commencement. Je u'ai pas lu la fin. Lisez, si vous en avez le temps, les cinq premiers versets '.

C\. lÉNELON A M-"« GUYON '•

J'ai resi^cnli, Aladame, tout ce que je dois sur la blessure de Monsieur votre fils '. On assure qu'elle n'est pas dangereuse. Vous n'aurez de moi aucun compliment là-dessus. Il me suffit d'être sur elle et sur tout ce qui vous touche comme je dois être. J'ai appris que le mariage est fait enfin''. Dieu veuille le bénir, et faire sa volonté en eux.

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