I . Jean, \L
3. Le III" et le IN'' livres d'Esdr.is ne font plus partie des recueils lanonitjucs d<' la Bible de]iuis le Concile de Trente. Les versets cités ici par Mine Guyon contiennent le déhnt des révélations faites à Esdras.
.'). Celle lellre doit être de la lin d'août.
^1. T. \, Lellre XLVI, p. SS^-S'ii.
5. Dangeau, Journal, édit. cit., t. II, p. '157-8 : « Dimanche ?''^ Taoùt i''>'*9) à ^ ersailles. — ■ L'ordinaire de Flandre a apporté les lettres de M. le niarédial d'IIiimièrcs (sur l'engagement de cavalerie de Aalcour)... Liste des morts et des lilessés à l'action de Valcour ; Lieutenants (du régiment des gardes)... Gnyon : bras cassé. «
6. Dangeau. id.. id., p. 'ifxj : « Lundi 29 (août 1O89). — M. le
270 KfcNlCLON KT M"-" GUYON
Je n'ai aucun travail aperçu. Je fais beaucoup de fautes extérieures. Il y en a même plusieurs, qui vont au dedans et qui marquent qu'il échappe do pelites saillies à la volonté; mais je ne veux poiirfant quece que vous savez'. El, quoique mes fautes me causent une humiliation cuisante, je veux non seiilemenl porter cette humiliation, mais encore sans exception toutes les suites les plus terribles que Dieu veuf y attacher. Ce que je vois, quoique nouveau et flatteur pom- moi, ne m'entre point au cœur, et je ne puis m'empècherde me rendre ce témoignage, que ce n'est pas là ce que j'aime". Dieu sait où il met mon amour, et c'est à lui à le garder. Je ne m'embarrasse point de certaines fautes de prudence, que j'aperçois, après qu'elles sont faites, vers '^ les personnes avec qui il semble qu'il faudrait le moins en faire; mais il me semble que la terre ne peut me manquer, et que Dieu me mène à son but, autant par mes fautes que partout le reste.
Vous m'avez promis de m'envoyer quelque chose de votre façon sur mon nouvel état ; j'espère que vous aurez cette bonté. Je voudrais bien aussi que
marquis de Yau\, (ils île M. Foiifjuet, épousa ici, il y a trois jours, Mlle Guyon, fille fris riclio (:'), qui n'a qu'un frère [inexact, elle en avait deux] qui ^ient d'avoir le bras cassé à Valcour. » Sur Mlle Guyon et les négociations de son mariage, cf. Leilrc du iT)" juin et lettres suivantes, p. 177, n. 4, etc.
I. Ccst-à-dirc : tout et rien ; cf. Lettre du 28 murs 1C189, p. Sg.
3. Cf. la letlrc bien connue à la comtesse de Gramont : « Il y faut (à 'Versailles) un visage riant, mais le cœur ne rit guère, etc. » Vi juillet 1695, t. VIII, p. Gili, d).
3. Sur cet emploi de vers nu sens d'envers, et. Lellre Ll\ , p. ï58.
FÉNELON A M- (lUVON 271
vous nie fissiez entendre en deux mots comment va le nouveau ménage. Les petits nuages sont-ils dissipés:' Quelle joie aurai-je de vous savoir en profonde paix ! Et, fpiand M. de Cl [hevreuse] viendra à \'ersailles, je lui donnerai ma petite cassette, oii sont tontes mes Icllres, pour les faire transcrire'. Je suis de plus en plus uni à vous, Madame, en Notre-Seigneur, et j'aimerais mieux mille fois être anéanti que de retarder un seul instant le cours des grâces par le canal que Dieu a choisi. Si Dieu vous donne quelque mouvement de prier [pour le Roi] et pour [le petit Prince]^, faites-le, et je vous recommande aussi [Desmarets] ", qui est fort blesse. Ce 3i août 1689.
CM. — l'ÉNELON A M""= GUïON^ J'espère que Dieu conservera ce cher fds^', qui est
1. Sans Houle, les lettres mêmes que Fcnclon écrivait à Mme Guyon, el qu'il demandait de lui renvoyer; cf. Lettre du 26 novembre 1689, j). 826 et n I .
2. Texte de Duloit : prier... et pour... faite.'i-le ; m;iis la restitution est certaine ; cf. la Lettre de Mme Guyon du 28 septembre, p. 2^6.
8. Je conjecture ici le nom de Desmarets (peut-être quelque parent de Godet- Desmarets, évcque de Chartres) parce qu'il s'agit évidemment il'un blessé de l'afTaire de Valcour et que la liste donnée par Dangeau (<f. p. jImj, n. 'ô) porte précisément (p. fibS) : » Desmarés, fort blessé.))
h. T. V. Lettre X.LV1II, p. 3'iS-3rio.
5. Je pense qu'il s'agit ici du blessé de Valcour, Armand-Jacques (juyon, seigneur de Briare et de Champoulct, lieutenant aux gardes françaises, qui quitta le service après sa blessure, et se maria trois ans après. C est chez lui ou plutôt près de lui, dans une terre de sa femme, à Di/iers, que Mme Guyon se retirera en 1708 au sortir de la Bastille. Son second fils était Jean-Baptiste Guyon de Sardières, capitaine au régiment du roi, qui mourut célibataire à Paris en 1^52 (cf. Guerrier. Mme Gnjrcn, IfK. cit., y, 't"/^')-
le (ils, non pas do vos larmes, mais do volrc foi. l'ouï les choses dont il doute, je n'en saurais être en peine : il n'y a que de mauvais philosophes qui puissent par leurs livres, inspiyer de tels doutes, ilien ne péril, rien ne s'anéantit dans la nature. Quand les touts se corrompent, les parties ne font que changer de figure, mais aucunes ne -cessent d'être. Si donc les êtres même les plus vils ne s'anéantissent jamais, comme les corps grossiers et inanimés, à plus forte raison les êtres raisonnables qui le connaissent et connaissent tout le reste; ils peuvent cesser d'être liés à de certains corps, mais ils ne peuvent jamais cesser d'être'. Encore une fois on ne voit point clair, quand on ne voit pas cela '. D'ailleurs l'immortalité de Tàmc se trouve liée avec le Christianisme, dont les preuves en détails sont infinies. 11 faudrait un livre ^, non pas une lettre, pour les rapporter ; et à peine puis-je dérober un demi-quart d'heure pour vous écrire. Ce serait peut-être les sujets de longues conversations, si Dieu, comme je l'espère, ramène Monsieur votre fds en ce pays. Mais il faut qu'il compte qu'il n'y a que
1. « Le corps n'est point anéanti. Il n'y a pas le moindre atonie (jui périsse... La machine se dissout et se déconcerte, mais, en quelque endroit que la corruption ou le hasard en écarte les débris, aucune parcelle ne cesse jamais d'exister, et tous les philosophes sont d'accord pour supposer t[u'il n'arrive jamais dans l'univers l'anéantissement du plus vil et du plus imperceptible atome. A quel propos craindr;iit-on l'anéantissement de cette autre substance très noble et très pensante que nous appelons l'àme .'' » (Letlrex sur la religion, II, u, t. I, p. 107, g).