T. V, Lettre L, p. 3rj
3. « Il scuil)le (lue mon ànic ait un rapport a>ec la sienne entier et les paroles de Da\id pour Jonattias, cpic son àine était collée à celle de David me paraissent être |iroprcs à cette union » (fragment d'autotùograpliie, [). !t).
li. Cl'. Lettre \. p. 38 et n. 3.
ô. Cf. Lettre XI\, p. 60 et u. 1.
étonner, cela ne vient point de la volonté, mais plutôt de la perte de cette mcnie volonté, cpii, en se perdant peu à peu, ne laisse découvrir dans les Cautcs nul rejet, nulle résistance et nulle séparation d'elle-nièine, parce que tout chez vous ne se fait point ' par résistance, qui sépare la volonté des choses, mais par une continuation de cette même volonté. De sorte qu'il ne reste dans les fautes que la malignité de !a nature qui, y demeurant seule, fait paraître les choses voloiilaii-es. Ceci est d'ime très profonde expérience ; et, à moins que de l'avoir, — ce qui n'arrive que tard, — l'on se méprend beaucoup: car il faut savoir que la malignité de la nature est telle, que, pour cacher sa malice, elle se sert de la force de la volonté, en sorte qu'elle met tout en œuvre, pour s'assurer elle-même d'une résistance, d'une séparation de volonté, d'une certaine innocence, (jui fait que l'on ne voit en soi nulle malignité, mais pure faiblesse. A mesure que la volonté se perd, la nature maligne ne peut plus se cacher; alors elle paraît dans toutes ses malignités, et c'est alors que tout parait ^olonlaire, sans pouvoir découvrir une bonne volonté. C'est ce qui fait beaucoup souffrir, mais il faut demeurer immobile, car la nature, qui ne souhaite que de se cacher, travaille au moins à mettre remède aux maux qui ont paru. Ne lui laissez pas la consolation qu'elle puisse découvrir chez vous une action soit repentir ~. Je vous presse d'autant plus là-dessus que Notre-Seigneur me fait comprendre que cela est nécessaire, et je vous conjure par lui-même d'être là-des-^us d'une fidélité inviolable malgré votre raison. Ceci est très dilRcile dans la pratique, et je vous assure que rien ne fait tant mourir.
Notre-Seigneur me donna en un songe une lumière
1. Conjeclurc (le Dutoil ; son manuscrit portait ; n'est point.
2. Sic. Texte inintclligililc ; je propose fie lire ; nne action [<]iii] soit [suivie de] repentir.
M- GUYON A FKNELON 283
très claire là-dessus; cepondanl elle n'est rion auprès de ritiiprossion. ijnil me tlonne à présent, et je vous assure que voire àiue est tellomeiit une même cliose avec la mienne ! car, pour la mienne, elle est disparue quant à moi. et je ne la découvre plus que par l'élroite union, où Dieu la met avec la votre '. 0 quand viendra le temps, que la \olre. étant entièrement perdue en Dieu et réduite dans l'unité de ce principe, elle ne découvrira plus (pie lui. Mais croyez Monsieur, qu'il faut beaucoup de courage sans courage ^ pour se livrer à pur et à plein, et encore plus pour s''ouhUer et s^envisager dans sa laideur. Ceci piuaît hors de saison \ étant si éloigné, ce semble, de l'aire des fautes. Mais cependant il est essentiel et je vous en assure ; sans quoi, vous resterez llottanl, et souvent embarrassé et entortillé en vous-même, dans un temps, où vous seriez encore plusavancé que vous n'êtes. Allez donc tête baissée \ malgré la crainte el l'envie de remédiera vos maux, même d'une manière très simple. Je vous assure que Dieu le veut, et que tout son sang vous servira de piscine, si vous en usez de la sorte. J'ai songé il y a deux jours que vous croyiez a\oir à une jambe une profonde plaie. Vous y aviez fait mettre un appareil, et chacun convenait que vous y aviez bien du mal. Je vous priais de me laisser lever l'appareil, et je vous assurais cpi'il n'y avait que très peu de mal. Vous me fîtes assez de résislance, cependant vous y consentîtes. Quand je l'eus levé, il ne s'y trouva aucune plaie, mais bien un peu d'enllure causée par le remède. Vous restâtes forWsurpris, et me promîtes de me croire une autre l'ois. J'en ai eu une claiie inlelligence; je vous suis fort obligée de ce