‹ Fénelon & Mme. Guyon, documents nouveaux et inéditsChapitre 289 sur 347 · Réminiscence du magnifiad · texte numérisé non relu

Réminiscence du magnifiad

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vous fxprinicr, coniine il l'ail goùlcr à mon cœur qu'il i^sl conhMil do vous ! Cela se l'ail comme un époux, qui monlic à son ('pouse les lencliesses qu'il a pour un de leurs enl'aiils, el pouicpioi il le pré l'ère à lanl d'autres. Il l'aul, poiu- counnoir ce que je dis, en l'aire l'épreuve, il y a une personne dans le monde, à lai|uellc je ne pense (pi'avec iiorreur et éloignement, et j'éprouve au dedans (pi'il iléplail autant à l'Kpoux que vous lui êtes agréable, non par aucune qualité qui soit en vous, mais parce qu'il vous a choisi, (ju'il vous a aimé le premier, el qu'il vous adonné un cœur droit propre cà conduire un grand |)euple ' .

Comptez ([lie ce (jni est essentiel pour vous est la petitesse el la souplesse sous la main de Dieu', pour suivre sans hésiter el sans raisonner ce qu'il veut de vous : car si vous hésitez ou raisonnez, vous perdrez terre, tout vous paraîtra douteux ; mais, lorsque vous irez comme je vous ai dit, on vous conduira par la main, sans que rien vous fasse tomber. Votre [)etilesse doit s'étendre jusqu'à croire et prali(|uer ce que Dieu vous fait dire par moi, sans examiner la misère qui est dans cet instrument. Je vous demande que vous ayez soin de votre santé. Vous le devez : prenez ce que vous pourrez de moments pour vous délasser.

Lors(|ue vous serez établi, vous rcmar(|uerez que, (pioique l'on n'ait pas im goût actuel de la présence de Dieu dans les occupations, il ne laisse pas toujours d'être le même en vous; et je vous assure qu'il no cesse pas un moment d'opérer dans une âme connue la vôtre.

I. Mme (iiiviin le lui avait fl'^jà d'itific' Irois jours auparavant.

1. (])'. I^cUrc \, j). .'^(j-'to : « Coniplcz donc ijuc r(.'ssçnfic.l do votre étal est une souplesse infinie. » — Fénelon, Lettre au mivfjuis de Blainvitle du 73 août 1697 (t. VIII, p. 5i."), </)■: « La petitesse et la défiance (le vons-inènie, avec l'ingénuité, sont des vertus iondanuulales c!ie/, vous. »

-2H0 i-ï:xKi.u-\ i;t m- (îuyon

l^ors((uo vous a\cz un inomeiil, et ([uo vous vous appliquez à lui, vous vo>cz cpi'il esl loul proche, et (|u'il ue vous a point écailé. Sou travail esl continuel, mais 11 est comme celui du soleil sur les clioses inanimées, qui ne se découvre que lorscpie louv rage est achevé. C'est en quoi l'on se trompe beaucoup, de croire qu'une âme très passive soit sans action vitale, et sans rien rece- \oir. Si l'on vovait à découvert ce que c'est que l'action la plus vigoureuse de la créature, on la prendrait pour une inaction véritable ; au lieu que l'action de Dieu est si prompte, et si forte, quoique tranquille, que Dieu opère plus en une âme en un quart d'heure (quand elle est assez morte pour n'y pas mettre la main sous bon prétexte), que ne fait l'homme avec tous ses elforts (aidé même de la grâce) en plusieurs années. Et ce qui est le plus surprenant est que ce que Dieu fait seul dans une âme très passive est pur, et n'est nullement sujet à la purification.

S'il y a quelque chose à purifier, c'est que l'homme a gâté l'ouvrage de Dieu par une correspondance active, quoique sous bon prétexte ; mais toutes les œuvres de l'activité de la créature, quelque bonnes qu'elles paraissent, ne peuvent être de mise pour Dieu même, que le feu n'ait séparé tout ce cjui est de l'homme d'avec ce qui est de Dieu. Comme l'homme de lui-même n'est que corruption, tout ce qu'il opère est infecté ; et il n'est heureux que lorsqu'il peut découvrir cela, et que l'ayant une fois connu, il se défie plus de lui-même que du diable, et a plus d'horreur de ses opérations que de la malice de l'enfer. Je ne mets point au nombre des opérations de la créature l'activité que Dieu lui donne, lorsqu'étant morte h toutes choses, il l'anime et la vivifie, et la rend par sa divine sagesse plus active que les choses les plus agissantes : mais, comme cette activité n'a pour principe que Dieu, elle est divine; et c'est une passiveté active, puisqu'elle est mue et agie par

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tolui dont l'activitô osl aussi liirmio ([uc son repos est immense. C'est le secrel de l'amonr inlini de Dieu pour sa créature, qui la rend un même esprit avec lui, la transformant en lui, et la rendant participante' de son repos inllniment tranquille.

Je ne dis pas que je prends part à tous vos avantages : ce ({ue je vous suis en Notre-Seigncur en dit davantage que je n'en puis dire et exprimer. Ce 23 septembre

CI\. M"'t(;L'Y(»N \ MINKLON-

11 me serait ditlicile de vous exprimer, Monsieur, l'union que Nôtre-Seigneur me donne pour vous. Dieu semble serrer de plus en plus mon âme h. la vôtre d'une manière très intime-', et je trouve que tous les milieux*se tlissipent et deviennent toujours plus délicats r et l'on me l'ait comprendre qu'il en est de même de votre âme à l'égard de Dieu, que les moyens et entre-deux" se perdent chaque jour, et que ceux qui restent se subtilisent. 11 vous est d'une extrême conséquence de ne vous arrêter à rien, pas même à vos défauts, je dis h ceux mêmequi vous paraîtraient volontaires, el qui cependant ne le sont pas autant que vous le pourriez penser. Car il faut que vous compreniez, que plus vous irez en avant, plus il vous paraîtra de volonté en de certaines fautes, qui vous s\nprendra beaucoup. Il ne faut pas vous en

1. Sur cet accord du participe, cf. Lcllir 111, \<. i^ et n. 1.

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