A Versailles
FKNELON A M GUYO.N 2h.,
vA aussi unie que mainlciianl. Les choses quim'ani vent ici nie clialouillent quelquefois un peu, et quelf|uelois il m'ariivede laisser écliappcr quelque parole. qui m'avertit de ce chatouillement ; mais mon cœur ne se repose jamais volontairement, ce me scmhle, un moment sur aucune de ces choses, qui ])cuvent nallci la nature, en sorte qu'il n'y a rien ici sur quoi Dieu me laisse appuyer pour délaisser l'amour-proprc.
Je vis- ici très sèchement pour la nature et pour la grâce : pour la grâce, car je n'ai ni goût ni consolalion aperçue ; pour la nature, parce que je vois assez de gens, sans être libre ni en repos, pour épancher mon cœur avec aucun. Ceux même avec qui j"ai ma principale liaison, sont peu en liberté ; et moi je suis de même., de façon que nous nous voyons souvent et ne nous entretenons que pour le besoin. Mon emploi demande une patience continuelle dans les fonctions sèches et ennuyeuses. Ainsi il y a bien à mourir, surtout selon mon tempérament. Je suis, presque sans réflexions, mes premiers mouvements'; et je laisse tomber'" toutes réflexions, qui vont ou à réparer les fautes, quand elles n'ont pas de conséquence à l'extérieur, ou qui m'engageraient à m'occuper de moi ou de mes intérêts. Dieu me fait trouver en tout cela du large ' ; je n'éprouve aucune tentation forte, excepté celles de l'abattement, oii une santé faible et
I. Cf. Lettres XLI, p. log, et X.CV , p. 235, quels sontles « prciiiici!: iiiouveinents ;i éviter », et ceux « à suivre sans liésitcr ». î. Cf. Lettre Vin, p. 3i et n. 3.