‹ Fénelon & Mme. Guyon, documents nouveaux et inéditsChapitre 306 sur 347 · T. V, Lettre LIX, p · texte numérisé non relu

T. V, Lettre LIX, p

'i. Ce billet semble perdu.

."). On a vu dans d'autres lettres (Lettre X\I\, p. 77, XLH'. [1. 118, XLVIH, p. 120) <jue Mme Guyon au milieu de ses plus fortes crises avait ce « sentiment intérieur » de « ne pas mourir si tôt ».

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m'a donm's. Quoique la plus i^raudc consolalion que je puisse avoir daus la situation de mon àme à votre égard, serait celle qui me vient de vous après Dieu, — je ne désire cependant pas de vous voir ' : je sais que cela ne pourrait se l'aire sans vous causer quel([ue peine -. Je me repose et me console dans l'étroite union que j'éprouve avec vous, qui surpasse infiniment tout témoignage sen sible, quoique je ne pi.isse m'empccher dans mon extrême simplicité de vous en donner plusieurs, qui sont aussi innocents qu'ils sont enfantins. Mais j'éprouve au delà de tout quelque chose de fixe en Dieu même, qui est autant' incHable qu'il est au-dessus de toute expression. Cette situation ne varie jamais. Son extrême simplicité et nudité n'empêche pas sa force. Si vous croyez que je doive faire quelque autre chose que ce que je fais pour ne point mourir, qui n'est rien du tout, mandez-le moi, et vous serez obéi. J'ai vu ce que vous écrivez à M. le M[arquis] de Ch[arost] '\ Si vous croyez que je doive cesser les remèdes, quoique je m'en trouve bien, à ce que je crois, je le ferai pour vous obéir. Au nom de Dieu ''', ordonnez sans retour''.

1. Construction ordinaire au xvn" siècle; cf. Racine, Abrégé d'histoire de Porl-Royal, cdit. des Grands Écrivains, t. IV. p. 56o ; « Cette fille avait désiré d'entrer à Port-Royal », etc.

2. A cause de l'cloignement ou pour éviter les conversations médisantes ?

.3. Cf. fragment d'autobiographie, p. G et n. i. L'emploi de ce adverbe devant un adjectif est ici d'autant plus à noter que dans la phrase précédente Mme Guyon a employé aussi avec une construction identique.

/l. Armand II de Béthune, marquis de Charost, était fils de la duchesse de Charost, l'amie de Mme Guyon. Né le .5 mars i(3()3, il était alors lieutenant général des provinces de Picardie. 11 prendra le nom de duc de Charost, quand son père en lOgf) se défera de son titre, pour prendre celui de duc de Béthune : « Il était intimement de mes amis «, dit Saint-Simon (édit. des Grands Ecrivains, t. \, p. t-j^-b^.

ô. Cf. fragment d'autobiographie, p. i et n. !\.

(■). Cette lettre répond à la précédente.

Les âmes parvenues à leur lin par le moyen de la loi n'ont rien d'exlraordinairc, (juoiqu'elles semblent en avoir beaucoup, parce que, voyant les choses en Dieu, ( ctte vue sans vue - lc»n- est naturelle et n'a rien qui les distraie de leur unité, voyant tout dans l'unité même. Il n'en est pas de même des âmes non arrivées.

[On peut distinguer parmi ces dernières trois sortes detats, sans liaison d'ailleurs entre eux : la foi lumineuse d'une lumière tout extérieure, etqu'il faut savoir outrepasser, la foi savoureuse ■', où la lumière n'est qu'intérieure et plus sùrc, la foi pure, état d'abandon aveugle, de passiveté souffrante et d'amour iiu.J

Ce sont là des détroits par lesquels il faut passer et sans lesquels il n'y a point de véritable pureté ; mais, après un état si nu, sans sortir de la nudité, l'on devient l'écond, éclairé et lumineux sans lumière, ardent sans <irdeur, distinct sans distinction *. Jusqu'alors le distinct et l'aperçu ^ sont dangereux, parce qu'ils arrêtent l'âme en elle-même, et qu'elle ne peut voir que des lumières fautives, en les voyant en soi. Mais ici, c'est l'oir la lumière dans la lumière ''', même multipliée dans

1. Discours chrétiens el spirilucls, t. II, Disc. XIV, p. gO-ioi ; dernier ])aragraplje, Lellres, t. V, Lettre LX, p. 383-4.

2. Sur ce genre de formules, dont on trouvera d'autres exemples dans cctfo nicmc lettre, cf. Lettre VII, j). 3o et n. i.

3. Sur la foi savoureuse, cf. Lettre XLI, p. iii et n. 2, Lettre du 1.') juin i68(j, p. 172.

4. On a vu au début de cette lettre une formule analogue. — Sur le sens mystique de dislinrlion. cf. Lettre XII. p. 'l'i et n. i, XIX. |i. 60 et n. 2.

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