Letlres, t. V, Lettre LXL p
M- GUVO.N A FENELON 311
de mon Cd'iir. que, (|uaiul loulcs les âmes, que Dieu m'a données, ne me croiraient pas. je n'en aurais nulle peine ', à moins que Dieu ne changeât ma disposition, que je ne ferais pas un pas pour les gagner, à moins que je ne m'y trouvasse poussée. Mais j'ai éprouvé que certaines âmes, auxquelles j'avais dit certaines choses, et qui ne l'ont pas fait, — Nolre-Scigneur ne me donnant rien pour elles, el quchjuc clfort (pic j'aie lait pour kur répondre cjuclque mol, je ne le pouvais, — je trouvais tout fermé, jui^qu'à ce qu'elles entrassent dans ce que Dieu veut, .l'ai vu d'autres s'égarer plusieurs années, sans avoir pu leur écrire un mot pour les ramener, et après cela mé trouver poussée à leur écrire ; et la lettre avait sonelTet. et elle faisait rentrer. D'autres, auxquelles j'écrivais par condescendance, cela n'avait aucun ellel. Voilà un petit compte que je vous rends.
CWVr. — M-e GUYON A FENELON 2
Dieu est vin principe et un être inlini, qui renferme tout ce qui est et tout ce (|ui est possible, de sorte qu'il peut porter sans incompatibilité des choses incompatibles. Il n'y a rien de nécessaire en Dieu que les opérations de la Trinité^. Tout le reste n'est point nécessaire, quant à la nécessite d'existence ; et tout ce c|ui est fait, pourrait n'être pas fait, sans que Dieu en eût le moindre détriment. Ce qui est fait est cependant nécessaire, quant à la nécessité d'exister en Dieu, comme volonté de Dieu ; de sorte que ce qui n'était pas nécessaire,
I, Cf. une disposition analogue Lettre CXIII, ji. 297, et surtout Lettre du 26 novembre 1689, j>. 325.
a. T. V, Lettre LXII, p.' 38()-39-..
■ 3. Sur « 1rs opérations de la Trinité » et leur nécessité, el'. Lettres XXIII et XXIV, p. 08-6.J.
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qiianl à l'cxislcncc divine, esl nécessaire, quant à la volonté divine.
[Naluiv <•! dilTorciu'i' do fcs deux nécessites.]
Ainsi ce qui n'est point nécessaire dans l'existence est nécessaire dans la volonté ; et cela est en Dieu indi- \isible, si bien que la création de l'homme en Dieu est une action nécessaire, inlailliblc et libre, au lieu que la production de son Verbe est une action nécessaire et non libre. Or la nécessité n'empêche point la liberté. Dieu étant libre de vouloir et de ne vouloir pas tout ce qui est hors de lui. Mais, comme il est immuable et qu'il a voulu, il a voulu de toute éternité; et, quoiqu'il soit libre de vouloir et de ne vouloir pas, il faut qu'il fasse ce qu'il veut, et, dès qu'il a voulu, la chose a été comme faite de toute éternité. Le monde a été créé dans la >olontc de Dieu et cette volonté Ht une nécessité. St. Paul dit^ qu'en Dieu il n'y a point de o«i et de non, et qu'en Dieu il n'y a qu'un seul oui; et ce oui est immuable, et de volontaire, rend nécessaire tout ce qui est fait.
Je comprends, sans le pouvoir exprimer, comment toutes les opérations, qui se font hors de la Trinité, quoique attribuées différemment aux divines personnes selon leurs dillérents effets, sont pourtant toutes des trois personnes indivisiblement, à cause de l'unité de leur essence, et j'éprouve comment dans l'homme, devenu simple et divin, tout se fait par un seul acte conti-