‹ Fénelon & Mme. Guyon, documents nouveaux et inéditsChapitre 309 sur 347 · II Cor, I · texte numérisé non relu

II Cor, I

2. Discours chrétiens et spirituels, t. II, Disc. XLII, p. 24o-3 ; dcrnii-rcs lignes, Lettres, t. V, Lettre L\III, p. 3f)2.

M- GUYON A FENKLON .U.'}

nuel el sans interruption ; cl ce qui s'opère cti elle est un acte si pur el dégagé, qu'il ne laisse à l'àine nulle distinction, en sorte (ju'ellc ne sait si son amour est lumineux, ou sa lumière amoureuse '.

Elle aime, sans sentir l'amour, et elle sait et connaît tout, sans savoir comment elle le sait cl connaît ; et, sans iml moyen, ni par l'entremise d'aucune chose, elle trouve n'ignorer rien, sans savoir qui lui a appris, ni comment cela lui est venu - ; car cette connaissance n'a rien qui lasse ni espèce •', ni plénitude : elle est d'autant plus pure qu'elle est nue, et d'autant plus nue qu'elle est plus hors de l'âme, et plus séparée d'elle-même : en sorte ([ue Ion comprend, par ce que l'on éprouve, comment les hicnhcureux voient tout en Dieu, sans rien voir que Dieu '" ; et non en matière objective, ainsi que quclfjues-uns ont voulu dire que l'on voit en Dieu tous les objets comme dans un miroir, se persuadant un détail des choses mêmes. Cela n'est point de la sorte, puisque l'application à ces objets, quoiqu'en Dieu même, serait une a|)pIication distincte de Dieu, dont l'âme abîmée en Dieu est incapable : mais elle voit en manière divine et indistincte toutes choses, sans voir autre que Dieu, par un regard fixe, et d'autant plus simple et épuré que rien de distinct ne le termine. C'est une vue simple et immense de l'immensité même qui renferme tous les objets, sans s'arrêter à aucun, ce qui serait une imperfec-

1. Par ce rapprochcnicnt i^ntrc l'àinc humaine et la Trinité, cette lettre semble bien être une suite de la prcccklenle.

2. C'est cotte idée que Mme Guyon résumera ailleurs dans une formule (jue Fénelon reprendra ; « On sait tout sans rien savoir » ; cf. Lettre CXXX, p. Sac.

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