Lettre cit^^c du 2 décembre 1688, p. 2G
INTHOnrCïKiN XLI
C'est (jut' par goût, par resptcl luiiiiain, par prudence de diplomate, il aimait entourer de mystèi'c; cette « liaison dangereuse ». Son amie l'avait si fort scandalise dans les premiers temps par sa vivacité irréfléchie et ses excentricités ! L'abbé mondain, habile, « précautionneux », « craignait horriblement d'être entraîné dans une conduite qui démonterait sa sagesse aux yeux de tout le monde ». Tout ce quil y avait en lui de raison purement humaine « jetait les hauts cris' ». Les ronimérages indiscrets des amies de Mme Guyon « le mettaient dans une amertume insu})poriable- ». Mais, se rappelant que le Maître de la vie chrétienne avait été pour tous un objet de scandale, il s'attachait à elle d'autant jjIus fortement qu<; son instinctive prudence y répugnait davantage, il ré- [)rinjait « certains petits mouvements de doute » qui passaient dans son imagination ^, et s'abandonnait à elle en « pleine confiance » « par la persuasion de sa droiture, de son expérience et de ses lumières sur les choses intérieures* ». Mme Guyon lui disait : « Il ne vous faut point d'autre maître que l'expérience '" ; il me semble que mon âme vous en dit plus que tous les écrits*. » Et en effet, c'était le contact même de cette âme qu'il cherchait. Le Moyen court, les Torrents, tous ces gros manuscrits qu'elle lui avait rais entre les mains, il en faisait son pi'ofit, si parfois le goût lui