INTRODUCTION XLIII
marquait (juélqiie peine à croii'e ce (|ue Mme (luyoïi lui disait sur les voies intérieures, l'abbé de l^'énelon répondit : « Mme Guyon doit être crue sur cela, elle m a Vexpérience. Ce n'est qu'une femme, mais Dieu révMo ses secrets à qui il veut. Si de Paris je voulais aller à Dammarlin, et qu'un paysan du lieu se présciiiài pour me conduire, je le suivrais et me lierais en lui, (pioique ce ne lût cpi'un paysan'. » — Kt Fénelon se liait en elle ; il savait par expérience intérieure « ([u elle lui faisait beaucoup de bien ^ », et il restait « très persuadé que Dieu la menait et lui par elle^' ».
Do là entre les deux amis cette union très intime, ipi ils appelaient en leur langage « une union générale et de pure foi^ », amitié mystique, qui avait « (juelque cbose autant doux que fort », « infiniment |)lus suave » que toutes les amitiés naturelles ^'. Libres entre eux comme de vrais enfants du Seigneur, ils avaient « laissé tomber » très vite toute contrainte, tout compliment et toute civilité mondaine ^ : « Gardezvous bien, écrivait Fénelon à son amie, de vous gêner pour tous les noms que vous vous trouverez portée à me donner. Suivez librement la pente que Dieu donne à votre cœur, et soyez persuadée que j'en serai très