‹ Fénelon & Mme. Guyon, documents nouveaux et inéditsChapitre 48 sur 347 · XLVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLVI INTRODUCTION

silence ' » élaient plus riches en grâces sensibles, quand lout chez la sainte « regorgeait » du Dieu doni elle élait « pleine », que son cœur, ne pouvant plus tout |)orter, en « ci-evait » et qu'elle déversait « cette plénitude sur son fils bien-ainié " ». Alors elle était « obligée de s'arrêter tout court », pour que « l'écoulement de grâce » se fît d'elle à lui '-^ ; et lui sentait près d elle « quelque chose de divin '* ».

Est-il besoin d'ajouter que dans cette amitié et dans cette union, il ne se glissait rien qui pût ressembler à de l'amour, même inconscient. « J'avoue, écrivait Mme Guyon à son fils spirituel, que mon cœur a quelque chose pour le vôtre que je puis dire de maternel ^ » Mais cette « maman », qui avait déjà dépassé la quarantaine, n'était point une Madame de Warens : « défigurée » par la petite vérole, « sa laideur faisait sa sûreté ^ ». Pour lui, non seulement « la chair lui faisait horreur" », mais il n'avait jamais eu pour sa sainte « aucun goût naturel ** ». Nulle tendresse sensible ne mettait dans cette union la douceur des amitiés humaines : « Je me sens rien pour vous, lui disait-il, et je ne tiens à personne autant qu'à vous''. Rien n'égale

1. Bossuet a eu des ironies inrlignées pour ces « communications en silence » (Helation sur le Quiétisme, sect. II, § 4 et n, édit. Lâchât, t. XX. Paris, Vives, i8(5.'t, p. 92 et 95).

2. Mme Guyon à Fénclon, Lettres des i5 et a.') juin lOSg, p. j^li et i8a.

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