LXII INTRODUCTION
lui souffler ses réponses, relire ses lettres, trouver les roruHiles imprécises et diplomatiques, qui avaient .hance d'encore tout sauver '. Bientôt, semble-t-il, loul s'apaise; ses anciens examinateurs et lui n'ont plus qu'une même doctrine sur la vie intérieure ; Mme (".uyon quitte la Visitation de Meaux le 8 juillet 1696 ^ <leux jours avant le sacre de son ami. Il écrità Bossuet, pour acceplcr avec joie de collaborer à son Instracùon sur les états d'oraison : « Je serai ravi, non pas d'en augmenter l'autorité, mais de témoigner publiquement comme je révère votre doctrine''». Mais quelques jours plus tard, Mme Guyon est arrêtée et enfermée à Vincennes*; le nouvel archevêque de Paris, M. de Noailles, exige d'elle une rétractation plus formelle ■'. C'est elle seule qui est visée, mais il semble que Fénelon se sente plus atteint qu'elle. Il reprend toutes les concessions faites ; et tout le passé est remis en question. Mme de iNIaintenon a alors « de grands commerces avec lui, qui roulent toujours sur Mme Guyon ^ » Mais elle ne parvient pas à le persuader : « Il ne change point là-dessus, écrit-elle à M. de Noailles, et je crois qu'il souffrirait le martyre, plutôt de convenir qu'elle
1. Cf. Lettres inédites au duc de Chevrcuse des H cl 27o<lolue iGr,7 (I>'|' recueil Chevreuse, p. io3 et 11 3).
:>.. Cf. Guerrier, l. cit., p 2S1.