‹ Fénelon & Mme. Guyon, documents nouveaux et inéditsChapitre 61 sur 347 · INTRODUCTION LXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LXI

ment des déclaralionspubliques, ou des récils officieux, presque toujours un peu apprêtés. Pourtant, à travers ces déclarations niènies et ces récits, davantage ])eutélre derrière les faits, si on les saif interpréter, l'ànic de Fénelon apparaît; et l'on devine que, dans cette crise d'aniilié, il s'est plus fortement encore altaclu' à son amie qu elle à lui. La véhémence de ses apologies et ses changements de tactique au cours de cette interminable querelle resteraient inexplicables, si l'on n'en cherchait pas les causes auprès de Mme Guyon. C'est d'ailleurs ce que Bossuet a très justement senti et fait sentir à tous les lecteurs de ssl Relation. Insinuer <pie « cette Priscille avait trouvé son Montan ' » était peut-être injurieux ; et Fénelon a eu raison de protester, — trop souvent et trop plaintivement, à mon gré, — contre ce rapprochement, qui laissait tout supposer. Mais qu'importe ! s'il n'a pas été le Montan d'une Priscille, il aété, si on ose risquer l'expression, l'homme dune femme; et sans cette femme, sans son influence, sans sa pensée perpétuellement présente, il eût évité toute cette aflaire.

Car Bossuet n'a ni tout dit, ni tout su: « Dès qu'on a commencé à parler contre Mme Guyon », Fénelon prit tout d'abord et très résolument sa défense. En collaboration avec les ducs de Bcauvillier et de Chevreuse, il l'édigea un mémoire justificatif, f[ui devail être présenté au roi, mais cpiellc refusa « de peur de commettre ses amis- ». Durant toute l'enquête de Bossuet sur Mme Guyon, il resta derrière elle pour

1. Relation sur le Quiélisme. seclion XI, § 8, cdit. I.arlial. Paris, Vives. i86/i, t. XX, p. iG8.

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