Fénelon à Mme Guyon, Lettre LXXXIII, p. igy
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rei liouiine, devenu son lils d aduplioii. A crn\ «[ui, par soi-disant respect ponr une grande mémoire, voudraient ignorer celte influence fruiinine, non seulement I àmedeFénelonresterail inconnue, mais encore l'esprit de sa doctrine et sa méthode de direction. (jcUe-ci — il faut oser le dire, — n'est que du « guyonisme » à ])eine transposé ; el ce n'est pas un mince triomphe pour cette femme, cjue d'avoir su renouveler jusque dans son fond ce rare esprit, (jui avait déjà atteint, seml)le-t-il, sa maturité, et qui, pjar températnent, était plus qu'aucun autre jalouse de son indépendance. Une grande lettre de l'abbé de Fénelon ', antérieure à i683, programme détaillé de vie spirituelle, adressé vraisendjlablement à la duchesse de Beauvillier, nous laisse voir sa méthode primitive, avant qu elle ail été régénérée par Mme Guyon. C'est une i"èglemenlalion très minutieuse de lajournée chrétienne ; la minutie y est même poussée jusqu'au scrupule ; le nom et la pensée de Jésus-Christ y sont partout présents ; les prières vocales, la lecture méditée, l'utilisation des images matérielles pour soutenir l'esprit dans l'effort de la méditation, — toutes choses dont plus tard il fera si bon marché — , y sont mises au premier plan de la vie intérieure; l'humiliation sous toutes ses formes, même l'humiliation physique des « prosterneraents contre terre- », y est célébrée comme un moyen de salutaire purification ; l'amour et la crainte de Dieu s'y mêlent dans un sentiment de pieuse obéissance. Point de pur amour, d indifférence au salut, de sainte liberté des enfants de Dieu. L'appel à la largeur, à la souplesse.