‹ Fénelon & Mme. Guyon, documents nouveaux et inéditsChapitre 72 sur 347 · T. viii, p. ^178, (i-\s · texte numérisé non relu

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INTRODI'CTION LXXI

à 1 ancaiHissoinonl (IrlicioiiXK dans 1 inconnu de Ditui '», iDules CCS maximes d'abandon, qui reviennent comme un i-cfrain apaisant dans les Lettres spirituelles, sont ici absentes. Mme (uiyon ne lui a pas encore montré la véi'ité et la voie.

Il tauilirc les lettres de MuieGuyonà «son enfant -»: {)\i s expliquera, en les lisant, comment certaines préoccupations religieuses manquent à l'œuvre de Fénelon, comment d'autres y prédominent ; et en négligeant les ]iuérilités ou les bizarreries d'expression, on y verra présentées, sous une forme moins habile et plusdiffuse, les idées mêmes que Fénelon plus lard apportera en î-oinède à ses dirigés.

Les Lettres spirituellefi do 1 au leur du Télémaque réservent quelques surpi'iscs aux lecteurs de Bossuel el de Pascal. On n'y sent nulle angoisse, nul trouble, nulle inquiétude même en face du mystère de la mort cl du mvsière du péché. Et sans doute l'archevêque de (Cambrai n'ignorait point leur importance essentielle dans l'économie du Christianisme; mais, très rares chez lui ^, ces pensées, où il n'aime pas s'arrêter, ne sont jamais des pensées dominatrices, c'est-à-dire des principes d'action et de réforme intérieure. La vie chrétienne, pour lui, ce n'est point la méditation de la mort ni la fuite du péché, c'est avanl tout l'abandon joyeux cl sans rclour de l'àme aimante, oublieuse de la mort et du péché, entre les mains du Dieu mystérieux, qui le conduit à ses lins inconnues. C'est là ce que lui a prêché Mme (iuyon : « La mort, lui disail-elle, est

I. Fénelon à Mme Guyon, Lettre du lo octobre il'iSg, p. ;f<ji. ». Mme Guyon à Fénelon, Lettre du 28 mai iCSfj, p. i5r. .!. Cf. Iiisiruclions. XVI. t. VI, p. 98, d : Sur h pensée de la mori : 'I le parfait amour chas.sc la crainte ».

LXXll INTRODUCTION

un sujcl peu propre à une personne que Dieu altix'C à sa présence'. » Mais c'est surtout lesclavage des scrupules et la crainte stérilisante du péché qu'elle a combattus chez lui : « Le plus grand de tous les biens, aimait-elle à lui répéter, est de n'avoir point d'autre volonté que celle de Dieu, quoiqu'elle semble détruire notre être moral et vertueux ^. » Dans les états supérieurs du pur amour, les péchés ne sont plus imputés^, on ignore le bien et le mal*, on ne connaît plus ni péché ni justice^ : « Il faut, lui disait-elle encore, laisser tomber vos défauts, lorsqu'on vous les montre, sans sortir de votre immobilité foncière, pas même par un désaveu. » Elle ajoutait : « Ce que je dis est hardi "^ »; mais voici qui ne l'est pas moins : «Vous êtes un homme non point pour être un saint ni vertueux, mais pour être selon le cœur de Dieu..., pour être fait volonté de Dieu''. » Avec la crainte de la mort et du péché, c'est aussi celle de Dieu qui disparaît. Ces âmes aristocratiques échappent « au commun des chrétiens grossiers, qui n ont pas secoué le jougde lacrainledeDieu"». Elles se contentent de l'aimer avec un cœur affranchi de tout et de soi, désapproprié de ses vertus et désintéressé de son bonheur éternel. Elles l'aiment dans celte sainte indifférence^ ; elles le suivent dans la souffrance comme

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