‹ Fénelon & Mme. Guyon, documents nouveaux et inéditsChapitre 78 sur 347 · LXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXVI INTRODUCTION

nieii ', s'amuser innocemment pour récréer ses sens"-^, se faire un cœur immense comme la mer ^ et l'abandonner en paix à l'action soutei-raine de Dieu*. — Le Clu'islianisiiie ainsi pratiqué devient une religion de la joie. 11 ne détruit pas « l'extérieur '■ » de ceux où il s'implante, c'est-à-dire, il les conserve au dehors tels que la nature les a faits. Au dedans, leur âme renouvelée et libérée de tout sentiment servile a déjà « un avant-goût du sabbat éternel "^ », mais le monde ne s'aperçoit pas de leur transformation : il les voit seulement plus conliants, « plus tranquilles, plus dégagés et plus hardis ^ » ; il se laisse conquérir par eux ; et ce sont cesàmes, déjàdétachées do la terre, qui finissent par la posséder.

Voilà ce que Fénelon a appris de Mme Guyon, voilà comment elle l'a affranchi et pacifié. Elle a trouvé pour lui les mots souverains qui l'ont guéri ; et ce sont ces mots qu'il a repris plus tard pour les dire aux autres. Quelques-unes de ces lettres qu'elle lui a écrites ont

1. Fénelon h Mme Guvon, Lettre du 2 décembre 1688, p. 26 et n. 3.

2. Cf. Fénelon, Lettres du 9 juin 1689 au marquis de Blainville et à Mme Guyon, t. YIII, p. 5i2, f/ et ici même p. lOi et n. 2 ; cl", encore Mme Guyon à Fénelon, Lettre XH, p. 44 : « Vous en aviez besoin (de la joie) : la joie dilate, et la tristesse resserre le cœur. »

3. Fénelon, Lettre à Mme de Maintenon du 8 septembre 1690, p. 489, g ; cf. encore Poésies, n" VIII, p. 349 • " ^^^^ 1*^6 la mer mon cœur se trouve immense. »

4. « Vous êtes donc... sans cesse opérant au fond de moi-même : vous y travaillez invisiblement comme un ouvrier, qui travaille aux mines dans les entrailles de la terre, etc. «(Fénelon, Instructions, XVIII, t. VI, p. 102, ([).

5. « Dieu.., loin de renverser son estérieur (de Fénelon), l'établira toujours plus » (Mme Guyon à Fénelon, Lettre XXI, p. 65).

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