X INTRODUCTION
bien forte épreuve. Il s'agissait pour lui de savoir d'où lui venait son manuscrit, et s'il pouvait avoir confiance dans les intermédiaires. On a vu qu'il était en étroites relations avec les disciples hollandais de « la prophétesse ». Ceux-ci avaient hérité des papiers du ministre Poiret, le premier éditeur de ^Ime Guyon ; et c'est par là sans doute que la correspondance lui était « miraculeusement » parvenue. Or, partout oîi j ai pu contrôler les documents de Poirel publiés par Dutoit, j'ai constaté leur exactitude et son honnêteté d éditeur. Dans le tome II des Oi)iisciiies, il a inséré quelques pages de Mme Guyon, d'une invention et d'un style étranges ' ; ce sont les Règles qu'elle fixe à ses disciples, les Michelins, enfants de l'amour pur et de la foi nue, en opposition avec les Christopldels, chrétiens forts et confiants dans leur vertu propre : « Cet admirable morceau )i écrit Dutoit, « qui a tous les caractères du genre à jamais inimitable de l'auteur, a été fourni par une personne, à qui feu le célèbre Poiret lavait autrefois confié '^. » iNIais « l'admirable morceau » a si bizarre allure dans son mysticisme enfantin, qu on serait tenté d'y voir un très gauche pastiche de quelque disciple. En fait, il est bien l'œuvre de Mme Guyon : c'est un fragment d'une lettre encore inédite à l'abbé de Gharost, d'octobre i6g4 ^. — Dans unautre volume
I. Les Opiiscnh'S spirituels de Mme J.-M.-B. de la Mothe-Guyon, nouvelle édition. Paris, Libraires associés, MDCCXC, t. Il, p. 535-8. « Les Michelins seront petits, joyeux, allègres, l'aiblcs, enfantins... Les Michelins seront sous la main de mon petit-Maître comme une girouette agitée du vent et comme un guenillon dans la gueule d'un chien... (Les Chrislophlels) seront grands, graves, sérieux ; il leur est défendu de rire, sinon avec esprit, etc., etc. »,