‹ Fénelon & Mme. Guyon, documents nouveaux et inéditsChapitre 95 sur 347 · XCIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XCIV INTRODUCTION

mais raitirance des parfums célestes a été plus forte; et, marchaiU « tête baissée' » « sans savoir où^ », oubliant « sa raison dans la nuit éternelle de iJieu^ », il s'est chaque jour « enfoncé davantage dans cet inconnu de Dieu, où il voulait se perdre à jamais'* ».

Parfois, on l'a vu, queujues doutes furtifs sur la mission de son amie passaient dans l'imagination de Kénclon, et réveillaient en lui le sage incertain et précautionné. Elle lui répondait: « Peut-on douter de la grâce d'une personne, qui coujmuiiique l'onction de la grâce, le goût de ]3ieu et le recueillement, qui donne à chacun, sans se méprendre, selon son besoin, et qui pacifie les âmes troublées, quand elles approchent d'elle^ ? ». D'autres peut-être sauront décider si vraiment « l'onction de la grâce » était sur cette femme. Pour moi, je ne le sais, ni ne veux ici le savoir. Qu'elle eût ou non la tête et le cœur sains, qu'elle fût une régénératrice des âmes ou une hystérique, favorisée par le hasard et la faiblesse de ses amis, il n'importe. Il reste seulement que cette femme, quelle qu'elle ait été, parmi tous les rares esprits qu'elle a séduits, a su se conquérir et se garder pour toujours le plus rare de tous, Fénelon. Et pour celui-là du moins, c'est en toute justice qu'elle a pu se rendre témoignage à elle-même avec cette tranquillité d'affirmation. Oui, elle a « pacifié cette âme troublée » et

1. Mme Guyon à Fénelon, Lettre du 26 septembre iCSg, p. 29.3.

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