INTRODUCTION XCV
« apaisé ses sens émus1 ». Elle lui a « communiqué le recueillement et le goût de Dieu ». Elle lui a fait « beaucoup de bien * ». Elle l'a « édifié3 ». Elle a renouvelé non seulement sa piété, mais ses idées, ses sentiments, son action, toute sa vie. En exaspérant chez lui le conflit de l'homme purement homme et du chrétien, ou, si l'on veut encore, de l'homme naturel et de l'homme intérieur, en creusant cette conscience par la douleur, en lui révélant ainsi à lui-même des puissances insoupçonnées de vertu et de corruption, elle a assoupli et nuancé une âme déjà très riche et très diverse. De celui qui, sans elle, n'aurait été qu'un homme desprit, cette demi-sainte, demi-folle a fait un type d'humanité.
i. Fénelon à Mme Guy on, Lettre du 21 août 1689, p. a 63.