‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 13 sur 294 · INTRODUCTION XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIII

On peut donc écarter rapidement la seconde objection de l'abbé Gosselin, qui n'est que la première précisée et particularisée. Il reproche à Dutoit de « regarder comme incontestable l'authenticité de tous les écrits publiés en Hollande sous le nom de Madame Guyon, tandis que Mme Guyon elle-même se plaint jusque dans son testament que plusieurs de ses écrits ont été indignement falsifiés1 ». Mais le testament de Mme Guyon ne fait allusion qu'aux apocryphes mis en circulation, au plus fort de l'affaire du Quiétisme, par des ennemis qui voulaient la perdre et compromettre Fénelon. Il est muet sur l'édition entreprise par ses amis de Hollande, édition qui n'était d'ailleurs pas terminée au moment de sa mort2.

Il convient de s'arrêter davantage au troisième argument, qui, dans la pensée de l'abbé Gosselin, devait être décisif pour ses lecteurs : « Plusieurs des pièces, dit-il, contenues dans la prétendue Correspondance secrète sont en contradiction manifeste avec les écrits publiés par Fénelon lui-même. En effet, ce prélat déclare hautement, dans sa Réponse à la Relation qu'il n'a jamais lu aucun, des ouvrages manuscrits de Mme Guyon, mais seulement les deux imprimés, qui ont pour titre : Moyen court, etc. et Explication du

i. Hisl. litt. de Fénelon, êdit. cit.. p. 168, g.

a. « Je dois à la vérité et pour ma justification protester avec serment qu'on a rendu de faux témoignages contre moi, ajoutant à mes écrits, me faisant dire et penser ce que je n'avais jamais pensé, et dont j 'étais infiniment éloignée, qu'on a contrefait mon écriture diverses fois. » (Testament de Mme Guyon, ap. Ramsay, Vie, êdit. cit., p. 89) ; cf. encore sur des copies apocryphes des Torrents, la lettre de Mme Guyon à M*** du 17 novembre 1695, pour protester contre l'ordonnance de l'évêque de Chartres et sa citation falsifiée des Torrents, t. IX, p. 73-7/i.

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