La lettre se termine ainsi dans le recueil de Dutoit
M- GUYON A FKNELON 7i
Hier, étant au parloir avec M.*, il me vint tout d'un coup, sans que j'y pensasse, une union très intime du côté du centre3 pour M., en sorte que je fus obligée de m'arrèter tout court, parce que je sentais qu'il se faisait un écoulement de grâce de mon âme dans la sienne, et je compris que Notre-Seigneur avait des desseins sur lui*, et qu'il se l'acquérait d'une manière bien particulière. Je vous prie de le lui dire, car Notre-Seigneur veut qu'il le sache. J'étais en peine comment vous le mander. Dieu y a pourvu par celui que vous m'avez envoyé.
Vous serez sans doute surpris de ce que je vous écris
i. T. V, Lettre VII, p. 218-9.
2. Le parloir est sans doute celui des Miramiones, quai de la Tournelle, où logeait encore Mme Guyon. — Il est probable que M. désigne Fénelon.
3. Cf. Moyen court et très facile de faire oraison, chap. xi, § 3 (Opuscules spirituels, édit. de 1790, t. I, p. 3 1-2) ; « Outre la vertu attirante du centre, il est donné à toutes les créatures une pente forte de réunion à leur centre... L'âme, par l'effort qu'elleVest fait, pour se recueillir au dedans, étant tournée en pente centrale, sans autre effort que le poids de l'amour, tombe peu à peu dans le centre, etc., etc. » Cf. encore Commentaire de saint Mathieu, XXII, 34-8 (Nouveau Testament, édit. de 1790, t. II, p. 463) ; « Aimer Dieu de tout l'esprit, c'est que tout l'esprit soit ramassé et tourné vers Dieu, et soumis à son opération. Or rien de tout cela ne peut se faire parfaitement que par l'union centrale, qui est le fruit et la fin de tout le voyage intérieur. » — Fénelon a parlé aussi plusieurs fois de Dieu « centre commun » ; cf., par exemple, Lettres spirituelles, t. VIII, p. 436, g, 548, g, 648, b.