‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 147 sur 294 · Probablement Saint-Cyr · texte numérisé non relu

Probablement Saint-Cyr

4. Cf. le sermon de Fénelon, Pour le jour de SlThomas, t. VI, p. bt\.

5. On serait tenté de croire qu'il s'agit ici de la duchesse de Charost et de sa propriété de Beynes. Mais on verra dans les lettres de mai et juin, qui font en effet allusion à cette villégiature, que M[adame?] de N. semble avoir été une autre amie de Mme Guyon, ayant sa maison de campagne non loin de Beynes, ce qui permettait à Mme Guyon d'y aller quelquefois ; cf. Lettres des 6 mai, i5 et 1 G juin, p. i3o, 170 et 177.

6. C'est ce que Mme Guyon appellera dans d'autres lettres : « avoir le penchant du silence auprès de vous» (Lettre XL, p. 107) et Fénelon le désir « de me taire avec vous » (Lettre XLII, p. 11 5); cf encore Lettre du i5 juin 168g, p. 170 et n. 1, et Lettre LXXIV, p. 179. — Fénelon a décrit merveilleusement, d'après ses souvenirs personnels, ces réunions intimes, où l'on « se tait avec » une amio (Lettre du 10 octobre 1707 à la comtesse de Montberon, t. VIII, p. f»#ô, g), « avec une bonne amie qui ne vous gène en rien » (Lettres spirituelles, t. VIII, p. 55o, d) ; cf. encore id., id.y p. 554, g ; cf. surl""l une page du Manuel de Piété, t. VI, p. 8, g : « D'abord on a mîlln choses à dire à son ami, et mille à lui demander ; mais, dans la suite, ce détail de conservation s'épuise, sans que le plaisir du commerce puî^j s'épuiser. On a tout dit; mais, sans se parler, on prend plaisir I Hie ensemble, à se voir, à sentir qu'on est l'un auprès de l'autre, k *f reposer dans le goût d'une douce et pure amitié : on se tait ; Jinidans ce silence, on s'entend ; on sait qu'on est d'accord en tout* vt qtio les deux cœurs n'en font qu'un ; l'un se verse sans cesse dans l'anln . <•

Je ne sais si cela arrivera. Si Dieu vous en donne la pensée, cela sera ; sinon, quelque éloignée que je sois. Dieu saura bien faire sa volonté. Je n'aurais pu sans infidélité ne vous le pas dire. J'ai de temps, en temps -des renouvellements de certitude, que vous êtes celui que j'ai vu en songe*. Dieu veut que je vous dise simplement les choses. Mars 1689.

J'ai reçu l'explication des Épîtres* ; je vous en remercie, et j'en profiterai selon l'arrangement que vous me marquez.

Pour N. qui ne veut pas que l'âme passe en Dieu et qu'elle s'y repose, je m'imagine qu'il a entendu ces expressions dans un sens, où il aurait raison de les condamner. Il est vrai, qu'en cette vie l'on ne passe jamais en Dieu, en sorte qu'on soit compréhenseur4, et qu'on cesse d'être voyageur : Y Union commencée avec Dieu est encore imparfaite, en ce qu'on ne voit point clairement l'essence divine, et qu'on n'est jamais impeccable ; on peut jusqu'au dernier soupir

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