Cf. fragment d'autobiographie, p. 8 et n
2. Premier paragraphe, t. V, p. 258-9 ; le reste de la lettre, t. III, Lettre à l'auteur, p. 466-9.
3. Forme les t. V, VI et VII du Nouveau Testament, commenté par Mme Guyon.
d. Mot rare au ivne siècle, transposé en français du latin théologique, pour désigner la vue parfaite de Dieu. On en trouve quelques exemples au moyen âge ; Godefroy en cite deux dans son Dict. de l'anc, langue franc. : « les anges compréhenseurs », Jésus-Christ a le vray compréhenseur »,
perdre la grâce : ainsi l'union est imparfaite, et fragile1.
Pour le repos en Dieu, il serait une oisiveté et une illusion, si on cessait d'être fidèle à l'accomplissement de l'évangile, et aux devoirs de providence* pour le dehors et pour le dedans, en se conformant à toute volonté de Dieu. L'abandon bien entendu est un exercice continuel de notre liberté, pour la délaisser à' tous les mouvements du Saint-Esprit : ainsi, ce qu'on appelle passiveté3, n'est jamais une absolue cessation d'action, 'mais c'est un usage très libre de notre volonté, pour la laisser conduire par celle de Dieu. Un homme qui se laisse faire par un chirurgien une incision profonde et douloureuse, fait sans doute une action très libre et courageuse, en ne se remuant pas, pour laisser faire le chirurgien \ Quand
i. Le commentaire de ce paragraphe se trouve dans Y Explication des Maximes, art. XXIX et XXX, vrais, édit. cit., p. 199-200 et 209- 3i3; cf. en particulier pour les dernières lignes ; « On n'est jamais impeccable, etc. » Art. XXX, p. 210 : « Cet état est habituel, mais il n'est pas entièrement invariable, car, outre que 1 ame en peut déchoir absolument, de plus elle y commet des fautes vénielles. »
2. Le mot providence, encore très voisin ici de son sens étymologique, ne diffère' guère de prudence et de prévoyance; cf. Lettre XLVI, p. 121 ; cf. aussi Sur les caractères de la piété, t. V, p. 678, g : « N'avonsnous pas pour nos intérêts propres une certaine providence de politique, une providence timide et inquiète, et qui nous rend indignes de cclli* de Dieu ? » ; Lettre au duc de Chevreuse, s. d.t t. VII, p. 2 19, g : « Quand on étudie, il ne faut étudier que par un vrai besoin de providence. »
3. Gf. Lettres spirituelles, t. VIII, p. 367, g : ce On parle magnifiquement de la passiveté perpétuelle. »
4. Cf. Instructions, XXII, t. VI, p. iil\, g: « On est entre ses mains (de Dieu) comme un malade dans celle d'un chirurgien, qui fait une opération douloureuse : on tombe en défaillance. Mais cette comparaison n'est rien ; car, après tout, l'opération du chirurgien
les choses sont expliquées, on n'a pas de peine à entendre que l'oisiveté est mauvaise, et que le reposr où l'âme se laisse librement à Dieu, pour être agie et mue par son esprit, est excellent : c'est le sabbat éternel réservé aux enfants de Dieu *.
En ce sens, non seulement on passe en Dieu, mais on y demeure :
Mon Père et moi nous demeurons en lui. . . Celui qui demeure en moi porte beaucoup de fruit. . . Il demeure en moi et je demeure en lui*. Si vous ne demeurez en moi. . . Nous savons que nous sommes en lui. . . Celui qui demeure dans l'amour, demeure en Dieu... Nul homicide na la vie éternelle demeurante* en soi...3* Le terme de demeure, bien entendu, signifie un état fixe et paisible. C'est cette paix, qui est le fruit du Saint-Esprit, qui surpasse tout sentiment humain, et qui gardé en Jésus-Christ nos cœurs et nos intelligences*. L'âme se repose, quand elle ne veut plus rien par aucun propre mouvement, qu'elle n'est plus agitée par aucun désir, et qu'elle se délaisse au mouvement divin. Celui qui est dans un vaisseau au milieu des vents et des vagues, se repose, parce qu'il
" est pour nous faire vivre, et celle de Dieu pour nous faire réellement mourir » ; cf. id., XXXIV, id., p. 1^7, d.
1. Cf. Lettres spirituelles, t. VIII, p. 579, d: « Le repos, qui est un essai et un avant-goût du sabbat éternel, est bien doux. ».