‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 15 sur 294 · INTRODUCTION XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XV

« afin que, s'il lui venait quelque forte envie de l'ouvrir, il le fît * » : « Si vous ne voulez pas que je lise tout », répond-il à son amie, qui lui offrait sa Vie, « à cause que j'ai en effet peu de loisir et peu de goût pour la lecture, marquez-moi les endroits que je devrai lire 2. » Peut-on prétendre avec l'abbé Gosselin qu'une telle correspondance ce suppose que Fénelon a lu attentivement et médité à loisir » les manuscrits de Mme Guyon '.* Fénelon a reçu d'elle plusieurs ouvrages inédits, il les a feuilletés avec bonne volonté et un peu d'ennui, il en a lu quelques passages, qui lui étaient particulièrement recommandés, voilà tout ce qu'on peut faire dire à ces lettres s.

Or qu'a-t-il déclaré publiquement dans sa Réponse à la Relation ? « Pour les manuscrits de Mme Guyon, elle voulut me les donner tous. Elle m'en mit même quelqu'un entre les mains. Mais les occupations que j'avais pour les études des princes, et ma santé alors très languissante, m'empêchèrent de les lire... Quand je proteste devant Dieu que je n'ai point lu ces manuscrits le lecteur équitable ne doit soupçonner aucun artifice dans cette protestation*. » Et, comme si « le lecteur équitable » pouvait encore « soupçonner quelque artifice », il revient dans le même chapitre

i. Lettre du a5 juin 1689, -p. 182.

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