C'est la lettre précédente
A- Cf. plus haut, p. 99.
et puis me laisser comme un enfant à mes premières pensées ? Je crains que cela n'aille trop loin, et ne m'engage à abandonner la prudence, qui est recom-> mandée dans l'Évangile1. D'un autre côté, j'ai aussi à craindre d'être trop sage 2, trop attentif sur moi-même et trop jaloux de mes petits arrangements. Mon penchant est de trop retoucher ce que je fais et de m'y complaire. La règle de marcher comme un aveugle jusqu'à ce que la muraille arrête, et qui se tourne d'abord du côté où il trouve l'espace libre8, me plaît beaucoup ; mais dois-je espérer que Dieu me fermera aussi tous les côtés, où je ne dois pas aller ? Et dois-je marcher hardiment, tandis qu'il4 ne mettra point le mur devant moi pour m'arrêter ? Je ne crois pas avoir à craindre de me mêler de trop de choses ; au contraire je suis naturellement serré et précautionné n.
i . Allusion sans doute à la parole du Christ : « Soyez prudent» -comme des serpents » (Math., X, 16).
2. Cf. à la fin du volume» dans les Poésies, n° XIV, p. 3Go, l'adieu à la a vaine prudence » : « Jeune j'étais trop sage, etc. ». — Fénekm essaiera de concilier l'abandon et la prudence dans les formules habiles de l'article XXX, vrai, de Y Explication des Maximes (édit. •cit., p. 216-7). C'est le commentaire de tout ce passage: « Ils (les vrais enfants de Dieu) ont dans la simplicité de la colombe lonlo la prudence du serpent, mais une prudence empruntée, qu'ils n. a*ftjj proprient non plus que je m'approprie In rayons du soleil, quaml Je marche à sa lumière. » Cf. plus loin, Lettres LI, p. i3i, qAr<