T, V, Lettre XXIII, p. a
U. Dans ces anagrammes, adressés à un ami commun (cf. le début de la Lettre XLIX, p. 12 5), Mme Guyon prédisait àFénelon qu'il serait précepteur du duc de Bourgogne; cf. fragment d'autobiographie, p. 8f
pas que je trouve en moi aucun vrai désir d'y arriver. A Dieu ne plaise ? mais plusieurs choses que j'ai ouï dire ces jours passés sur d'autres personnes, qu'on croyait en état d'y prétendre, et peut-être même ce que vous m'avez mandé m'ont excité l'imagination. Tout ce que j'y fais, c'est de n'y rien faire et de laisser tout tomber f. Je sens que Dieu se sert de toutes ces petites choses, en attendant les grandes, pour me faire mourir peu à peu. Je disais en moi-même : pourquoi Dieu, dont la conduite est de me tenir dans la plus obscure foi, a-t-il permis qu'elle m'ait dit une telle chose ? est-ce afin que je m'y prépare ? ou bien est-ce pour me certifier par cette prédiction2 la solidité de la voie par où il me mène ? Mais n'importe I Je ne veux non plus3 voir la raison pour laquelle Dieu a permis que vous avez fait cette prédiction, que les choses mêmes que vous avez marquées. Allons toujours par le non-voir, comme dit le bienheureux Jean de la Croix4. Il suffit qu'une certaine sensibilité, réveil -
n. 3. — Quand elle apprit la nouvelle de la nomination, elle écrivit à Fénelon avec une belle assurance : « J'étais si certaine que cette charge vous était réservée, que je n'en pouvais douter. » (Lettre du 18 août 1659, P- 2^9)-
1 . On a déjà vu cette formule dans plusieurs lettres de Mme Guyon (cf. Lettre VIII, p. 3i, etc.). Elle deviendra chère aussi à ^Fénelon,. qui la prodiguera dans ses Lettres spirituelles; par exemple t. VIII, p. 563, g : « Laissez tout tomber » ; cf. encore id., id., p. 490, rf» 527, d, 53a, d, 53/i, g, 536, rf, 537, d., etc., etc., etc.