Cf. Lettre du 16 octobre 1G89, p. 29/* et n
3. Cf. Lettre au marquis de Blainville du 16 octobre 1688, t. VIII, p. 5o8, d : « Ils ne rougissent non plus de Jésus-Christ, que nous rougirions d'être sages parmi les fous » ; cf. même lettre, p* 124, n. 2 et Lettre LXXXIII, p. 2o5, n. 1.
lx. Cette maxime mystique sera citée de nouveau par Fénelon dans
lée1 sur cette matière2, m'humilie et me donne un certain travail intérieur, dont il me semble que je ne me soucie point. Car je ne veux ni y adhérer ni le faire cesser.
Souvent mon esprit chercherait à se prendre à quelque chose pour se soutenir, tantôt une espérance de succès, tantôt des moyens humains, pour assurer et faciliter l'affaire, tantôt des réflexions,pour me condamner moimême dans ces mouvements, pour renoncer à ces avantages temporels et pour les fuir. Mais je sens la main de Dieu qui rompt toutes les branches, sur lesquelles mon esprit cherche à se raccrocher, et qui me replonge dans
sa lettre à Mme Guyon du n août 1689 (cf. plus loin, p. 247) et reprise ailleurs par lui (Lettres spirituelles, t. VIII, p. 455, g et 45g, g) : « Allez, comme dit le bienheureux Jean de la Croix, toujours par le non-savoir » ; « la seconde règle est d'aller toujours par le ■ non-voir, comme parle le bienheureux Jean de la Croix. » Pour cette formule, ainsi que pour une autre du même Jean de la Croix, à laquelle on le verra plus loin faire allusion (Lettre LVI, p, 181), il est malaisé de savoir à quel passage précis de ses Œuvres elle est empruntée. Jean de la Croix ayant été plusieurs fois traduit en français au xvne siècle, il faudrait avoir la traduction, que Fénelon a eue entre les mains, pour retrouver ces textes, si toutefois Fénelon, suivant son habitude, n'a pas légèrement transformé l'auteur qu'il citait. L'édition française que j'ai consultée (Les Œuvres spirituelles du B. Père Jean de la Croix, traduites par le R. P. Cyprien de la Nativité de la Vierge. Paris, Jacques d'Albin, MDCLXV, 1 vol. in-4° de 46a pages), n'est pas celle dont s'es servi Fénelon, si j'en juge par les références à Jean de la Croix qu'il donne dans Les principales propositions du livre des « Maximes des saints » justifiées (t. 111,, p. 248-3o8). Il est vrai que toute l'Obscure nuit de l'âme n'est qu'un traité du non-voir ; cf. par exemple, livre II, chap. xvi, p. 2^5 : « Comment l'âme, cheminant en ténèbres, marche sûrement : à l'obscur, mais hors de danger » ; cf. surtout dans la Montée du Mont-Carmel, livre II, chap. xxvi, p. 98, la façon de « cheminer à Dieu par le non-sçavoir » .