INTRODUCTION XIX
« Dans l'état le plus libre et le plus naturel, elle m'a expli* qaè ses expériences et tous ses sentiments1 » ; il écrit à M. de Noailles : « Mon principal commerce avec elle a clé par lettres, ou je la questionnais sur toutes les matières d oraison2 » ; le bruit court un jour que ses ennemis ont en main des lettres originales, qu'il envoya jadis à son amie3, et, pour détruire à l'avance le fâcheux effet dune publication scandaleuse, toujours possible avec un adversaire comme Bossuet, il écrit encore à son confident Ghanterac : « Comme M. de Meaux peut avoir quelques lettres, que j'ai écrites avec une très particulière confiance à cette personne, il faut préparer les esprits là-dessus, pour empêcher la surprise que font ces sortes de choses, quand elles ne Sont pas attendues * » . L'abbé Gosselin « ne s'attendait pas » à ces « sortes de choses ». 11 fut si surpris, qu'en toute honnêteté, il nia. 11 déclare « ne retrouver dans ces lettres ni le style, ni les idées de Fénelon5 ». « Le lecteur judicieux » jugera. C'est à lui de sentir, si ces lettres qu'on prétend apocryphes et les pages les plus authentiques de Fénelon, que j'ai cru devoir en rapprocher, n'ont pas entre elles une évidente parenté, parfois même une presque identité de pensée et d'expression. La meilleure, ou du moins la plus complète, démonstration d'authenticité sera donc la lecture même de cette corres-
i. Lettre du 7 mars 1696, t. IX, p. 81, d,