Il s'agirait alors de Mme de Maintenon
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iU FENELOX ET M- GUYOX.
du tout, et dit les choses comme un enfant, sans savoir ce qu'elle dit, ni même souvent sans s'apercevoir qu'elle le dit : de sorte que, lorsqu'on lui demande la raison de ce qu'elle a dit, elle reste surprise, et comme étonnée sans le comprendre, s'il ne lui en est donné l'intelligence dans le moment, en faveur de ceux qui le demandent "> ou bien, si j'y pense, c'est que l'on m'y fait penser.
C'est cela qui fait la vérité de la pensée, qui ne vient par lumière, ni illustration l que l'on puisse rémarquer, pour l'ordinaire ; et, quand on demande : mais de quelle manière avez-vous pensé cela ? est-ce que vous avez eu un mouvement particulier de dire ces choses ? tout cela n'est point pour moi ; je pense et parle naturellement, et sans retours, comme ces têtes de machines, qui articulent ce qu'on leur fait dire.
Il n'en est de cela, que pour les choses qui regardent Dieu ou le prochain ; car, pour l'ordinaire, je parle des choses indifférentes selon la portée d'un chacun. Je m'aperçois quelquefois que j'ai un extérieur de caméléon, et une conversation qui change selon les personnes, sans que j'y fasse attention, contant des contes à ceux qui ne peuvent être entretenus que de cela *.
Il n'y a rien à faire pour vous, qu'à rester comme vous êtes, perdant toujours de plus en plus tout 'ce que vous avez de propre. Car c'est à quoi vous êtes appelé; et c'est l'unique travail que Dieu veut de vous. O qu'il vous aime, et qu'il est vrai qu'il vous. a vraiment choisi, pour être votre seul principe et votre unique vie ! Mais soyez certain que vous n'y arriverez que par la perte de toutes choses, sans nulle exception. Il y a la science des saints et celle des hommes ; et elles sont très différentes l'une de l'autre; mais il faut perdre Tune et l'autre, pour
i. Cf. Lettre XLI, p. iU et n. a.
2. C'est ce que Fénelon appellera : « se faire tout a ton», pour les gagner tous. » (Lettre au duc de Bourgogne, t. VII, p. a35, g).
FÉNELON A M™ GUYON i35
n'avoir que la science de Dieu, car il n'y a que l'Esprit de Dieu, qui connaisse ce qui ce passe dans le cœur de Dieu1. J'avais écrit cette lettre fort à la hâte à Paris 2, pour vous l'envoyer, croyant que cela se pourrait. Je pensais n'être ici3 que pour deux jours, mais l'on m'y retient pour plus de temps. Je n'en suis nullement fâchée, quelque amitié que j'aie pour N.4, mais ils'en faut que ce ne soit comme... où il ne me manque ici, que vous,Monsieurs, si l'on peut dire que vous manquez dans un lieu où vous êtes si présent5. Mon cœur est toujours plus lié au vôtre, Ce qui n'empêche pas que l'approche soit toujours utile. L'ami, qui s'est chargé de vous envoyer celle-ci et sa compagne6, que j'ai voulu transcrire, de peur que que vous ne la puissiez lire, l'ami, dis-je, vous en dira des nouvelles. Ce 8 mai 1689.
Je suis très persuadé que le pur amour, quand il a détruit toute propriété, fait éprouver des choses que le seul pur amour est capable d'entendre. Nul ne connaît les profondeurs de l'esprit de Dieu, si ce n'est l'esprit de Dieu même 8. Celui qui est au-dessous