‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 191 sur 294 · T. III, Lettre C, p · texte numérisé non relu

T. III, Lettre C, p

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notre imagination ; mais il ne le fait durant le chemin de la foi, si ce n'est par intervalles, parce que les distractions, servant à ses desseins, elles nous sont fort utiles ; et vous éprouverez dans la suite une chose, qui est que, lorsque vous êtes sans distractions fatigantes et dans un repos goûté, lorsqu'il n'y a rien à l'extérieur qui fasse diversion. Ton connaît son repos et l'on s'en occupe : ce qui est impur, quoique l'on ne puisse, ce me semble, rien faire pour s'en désoccuper ; ce qui n'arrive point, lorsque les distractions nous dérobent la vue de ce que Dieu fait en nous.

La lumière que vous avez est autant solide , qu'elle est utile, car il est certain que bien des fautes qui paraissent telles devant les hommes, ne le sont pas devant Dieu ; au lieu que des actions, regardées des hommes avec admiration, sont en horreur aux yeux de Dieu, à cause de la propriété dont elles sont corrompues. C'est pourquoi Dieu arrache tout l'acquis, et môme l'infus, pour bannir de chez nous la propriété. Comptez, Monsieur, que quelque droite intention que l'on ait, il n'y a de pur que ce que Dieu dérobe à notre vue, soit par les sécheresses et distractions, soit par des épreuves plus fortes, qui sont la réelle expérience de nos misères. La lumière de la foi n'arrête point l'àme : vous connaîtrez même plus par l'expérience que par la lumière 2.

LVIII. - M™ GUYON A FÉNELON 3 J'ai songé à vous cette nuit bien singulièrement. Cela

i. Sur cet emploi de autant, cf. fragment d'autobiographie, p. G et n. i„

a. Cette lettre est la réponse à la précédente ; toutes deux doivent dater du milieu de mai.

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