Perdue, à ce qu'il semble
6. Cette lettre, répondant à la précédente, doit être du i3 ou 1 4 juin.
Je ne vois rien à ajouter à votre mémoire 2 pour Mademoiselle votre fille, puisqu'elle est disposée comme vous la représentez. Elle aura peut-être dans la suite des peines qu'elle ne sent pas encore; et, si le goût du monde la prenait, il faudrait qu'elle s'attendît de trouver en vous une mère qui ne serait pas surprise de sa faiblesse, et qui y compatirait, sans la flatter3. Pour son naturel indolent, il pourra par la grâce se tourner en paix et recueillement. Mais il faut craindre la mollesse et l'oisiveté si dangereuse aux femmes. Il faut même l'accoutumer à une action réglée et vigoureuse pour la conduite de toute une maison, dont elle sera chargée*. Continuez à vous faire aimer d'elle, en sorte que, si elle avait une faiblesse à découvrir, vous fussiez la personne à qui elle aimât mieux en faire la confidence5.
i. T. V, Lettre LXXV, p. 4i5-6.
a. Celui dont il a déjà parlé dans sa lettre du 3, p. i5a-3.
3. « Ne craignez pas même de compatir à leurs petites infirmités, pour leur donner le courage de les laisser voir, etc. » (Traité de l'éducation des Jilles, chap. ix, t. J, p. 588, d).
h. « Joignez à ce gouvernement l'économie. La plupart des femme» le négligent comme un emploi bas...; surtout les femmes nourries dans la mollesse, l'abondance et l'oisiveté sont indolentes et dédaigneuses pour tout ce détail... Il est bon de les accoutumer dès l*enfance à gouverner quelque chose, à faire des comptes, etc. » (irf., ch. xi, t. I, p. 5gi, g).
5. « Mettre les enfants dès le premier âge dans une grande liberté do découvrir leurs inclinations » (id., chap. v, t. I, p. 574, d).
M« GCYON A FENELON 16»
Quand revenez- vous donc * ? Je vois bien que ce n'est pas sitôt. Je n'ai rien de nouveau à vous dire sur moi. Je sens seulement que mon cœur se dessèche, comme on voit certains malades de langueur, dont la maigreur augmente ' ; mais je ne souffre rien que la sécheresse, et mon état est assez tranquille. Votre lettre sur le songe8 me réjouit. Pourvu que la volonté de Dieu se fasse, c'est assez. Je ne suis pas d'un degré à être pour vous, comme vous êtes pour moi ; mais je ne sens rien en moi, qui ne soit uni à vous sans réserve, et je ne l'ai jamais été tant à rien en ce monde, depuis que j'y suis. Ce it\ juin 1689.
L'indolence, dont je vous ai parlé, de ma fille, n'empêche ni sa pénétration, ni qu'elle ne veuille être toujours occupée, mais elle craint ce qui gêne. Elle me disait il y a deux joun, qu'en disant ses prières vocales, que (sic) ses yeux se fermaient, et qu'elle a peine à poursuivre et qu'elle se sent recueillie. Elle persiste toujours à me prier de ne la point engager si jeune 5. Je prendrai toujours vos avis sur ce qui la regarde, comme sur tout le reste.
Je n'ose vous dire, qu'il me semble que, si je pou-