Lettre LXIII, p. i
U. T. V, Lettre LXX VI, p. 417-9.
5. Il s'agissait déjà du mariage avec le comte de Vaux ; Fénelon en parlera plus explicitement dans sa réponse, Lettre LXXII, p. 177. Jeanne-Marie Guyon avait alors i3 ans, étant née le h juin 1676.
170 FENELON ET M-* GDYON
vais être une heure auprès de vous en silence, que (sic) votre cœur s'en trouverait bien l. Je le souhaite, et il y a même quelques jours, que j'ai pour cela une tendance assez forte. Vous en connaîtrez les effets. Mandez-moi si j'ose espérer ce bien. En ce cas, je me servirai de la Providence, qui oblige M. de N.* d'aller à Paris pour des procès, et je n'attendrai point le voyage de B[eynes]. Mandez-moi votre pensée sans regard, et avec autant de simplicité que je vous écris. Je sens à l'heure que je vous parle, qu'il faut que je vous voie encore, que Dieu le veut, et que vous en avez besoin. Ordinairement je ne sens rien pour vous 3, quoique je sache que vous m'êtes plus que nul autre ; mais Dieu m'éveille quelquefois très fort4 et avec une tendance de toute l'âme que je ne saurais vous exprimer. C'est alors que sans savoir ce que je dis, je m'écris : 0 mon fils ! Que Dieu me consume tout entier ! Je vous assure que la volonté de Dieu s'accomplira dans toute son étendue. Je levsens et le connais, et les desseins qu'il a sur votre âme. Il me faisait même comprendre qu'il voulait que je vous dise toute chose, afin que cela vous servit un jour de témoignage pour lui-même ; et sur ce qu'il m'était venu une pensée, sur ce que Notre-Seigneur m'obligeait à vous dirq toutes choses dans ma simplicité, puisqu'il vous conduisait par la foi la plus nue, deux choses m'ont été mises dans l'esprit : la première, que Dieu voulait que cela fùt-dans la suite un signe pour confirmer votre expérience,— et ce passage me frappa, que les enfants d'Israël, qui avaient connu les merveilles du Seigneur, persévèrent jusqu'à la fin, — et que Dieu vous destinait pour lui conduire un peuple tout singulier5. Mais, quoique vous êtes destiné à la
i. Cf. Lettre XXXIII, p. 81, n. 6.
a. Probablement l'amie, qui la recevait à la campagne.