‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 214 sur 294 · Ou quel · texte numérisé non relu

Ou quel

(\. Texte de Dutoit: nuit; la « coquille » est évidente.

M»« GUYON A FÈNELON 185

vouloir quelque chose, je la garderais ' . Lorsque je suis auprès de vous, je m'y trouve bien, ce qui me fait comprendre qu'il n'y a chez vous nulle résistance ; mais, comme je craignais que la lumière, que vous avez de la mort, ne vous portât à une nudité un peu active, et qui vous .serait préjudiciable, autant qu'elle serait utile à un autre ; c'est ce qui m'a porté à vous écrire cela tout simplement. Une chose que l'on voudrait dilater avec effort en recevrait du dommage. Il ne faut que laisser faire celui qui vous aime, et qui prend en vous ses délices : cela se fera peu à peu, mais infiniment. Je ne prétends pas que vous soyez dans le sensible, cela est trop éloigné de vous, mais que vous receviez ce qui vous emplit, sans se faire une vertu de mort et de renoncement. Il pourra venir un temps, où Dieu ferait rejaillir de votre fond quelque chose sur les sens, pour les purifier et rehausser leur capacité : cela étant de Dieu ne serait pas impur et devrait être reçu comme le reste» Dieu met quelquefois tout en acte dans une simplicité divine, sans que cette action trouble le repos parfait : c'est le repos en Dieu même, où l'âme est rendue active et multipliée 2, sans être moins simple et nue, et cela en participation de la divinité : Dieu est simple et multiplié. Quoique ceci ne soit pas à présent de saison, il ne vous sera pas inutile 3, car cela étonne quelquefois et fait que l'âme ne se laisse pas assez tôt à ce que Dieu veut, faute de lumière. Je vous écris bonnement mes pensées ; et, quand Dieu n'en tirerait point d'autre effet que celui d'une aussi extrême petitesse, que celle que vous marquez, ce serait

i. C'est donc qu'ordinairement elle renvoyait à Fénelon ses lettres, . après les avoir fait copier ; cf. Lettre XXVII, p. 74 : « Si vous agréez d'y répondre un mot, on vous le renverra avec une extrême fidélité. » Cf. encore Lettre du 20 novembre 1689, P- 3 26 et n. 1.

2. Sur l'opposition entre l'âme simple et l'âme multipliée. Cf. Lettre XCV, p. a35.

3. Cf. Lettre III, p. 22, n. 1, et Lettre XCIX, p. a55 et n. 4.

beaucoup. Je suis en lui pour vous tout- ce qu'il sait. Je vous prie que je sois de la conversation. Je vous assure que je serai unie à vous. Si vous y êtes encore, lorsque je ferai réponse sur l'entretien de M. f, vous en saurez le résultat. Je vous prie de recommander tout au Seigneur. Ce 27 juin 1689 2.

Je voudrais bien, Madame, pouvoir deviner ce qu'il faut faire pour vaincre votre timidité à mon égard4. Je serai parfaitement à mon aise à votre égard. Vous êtes gênée avec moi. Si vous sentez en moi quelque disposition d'esprit, qui cause votre crainte et votre resserrement, écrivez-le moi. Vous aurez peut-être moins de peine à écrire qu'à parler. Vous craignez toujours sans fondement, ce me semble, ou de me gêner ou de me scandaliser. M[adame] de C[hevreuse] ne \ous inspire-t-elle pas quelque chose de sa 5 sagesse excessive ? Je crois vous devoir dire, que j'ai souvent remarqué, que, bien loin d'être

1. 11 s'agit probablement d'un entretien relatif au mariage de sa fille.

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