‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 241 sur 294 · Sur cet accord, cf Lettre II, p. 17 et n · texte numérisé non relu

Sur cet accord, cf Lettre II, p. 17 et n

h. Cf. Lettres LXXVH et GXXIX, p. i85 et p. 32o et n. 5. 5. Ce sont « ces premiers mouvements », dont Mme Guyon disait (Lettre XLI, p. 109) qu'ils « sont à éviter ».

*36 FKXËLON ET M-* (ÏDYON

d'émotion s : ils ne sont pas de ces premiers mouvement? dont je parle, puisque Ton sent bien qu'ils ont un principe \icieu\. Mais, lorsqu'on suivant simplement ce mouvement, il vient des pensées de complaisance, il faut les laisser passer ; car elles ne sont ordinairement causées que par un effet de la malice du Démoq, qui veut par là empêcher Ta me de les suivre, la brouillant par la crainte qu'ils ne soient imparfaits. Mais, lorsqu'elle est fidèle à agir sans réflexion, tout cela tombe de soi-même ; et cette malignité, qui accompagne ordinairement nos meilleures actions, lorsqu'on les fait avec application, se perd par cette conduite, et l'innocence est mise en la place.

11 ne faut pas craindre de faire en cela de fausses démarches, car la sagesse de Dieu en cela ne nous manque pas ; et ce qui paraîtrait gâté à notre vue, est très bien fait selon Dieu, et l'on voit dans la suite, que l'on a fait ce que l'on pouvait et devait faire. Il est d'une extrême conséquence, que vous en usiez de la sorte : vous ne vous méprendrez pas, et vous ferez immanquablement ce que Dieu veut de vous1.

Il y a en moi deux états, qui n'en composent cependant qu'un : L'essentiel, qui est toujours une foi nue3, pure, ou plutôt un anéantissement total, qui exclut toute distinction 4, tout ce qui est et subsiste, en quelque chose

i . Cette lettre répond à une lettre perdre de Fénelon. Elle est vraisemblablement de9 derniers jours de juillet ou des premiers d'août. a. T. III, Lettre CXXIII, p. 54i-a.

3. Définition de la foi nue, Lettre du 1 5 juin 1689, p. 172 et n. 2. h. Cf. les textes cités Lettres XII, p. kh et n. 1, XIX,p. 60 etn. 2.

FENELON A M« GCYON 237

<|ue ce soit, tout aperçu1, tout ce qui se peut dire et nommer : l'âme subsistant en Dieu en pure perte, ou plutôt en total anéantissement. Il y a aussi un état accidentel, qui est ce que j'éprouve pour les autres, qui me fait goûter et connaître leur état et tout ce qui les concerne, ce qui donne des distinctions, songes, connaissances, etc., mais cela est séparé du fond immobile, et n'a nul rapport avec lui ; de sorte que ces connaissances ne sont point des lumières et illustrations2 qui donnent une disposition particulière à 1 ame, comme celles qui sont reçues dans les états inférieurs, qui, faisant une constitution à l'âme, l'altèrent et l'arrêtent, parce que cela la tire de sa générale nudité.

Le don d'aider aux âmes sans paroles, et en pure communication intime, est des plus rares et des plus purs3, et où la créature a moins de part ; et Dieu ne le donne que pour des âmes, qu'il destine à un don singulier de nudité de foi, et à ne point agir par l'entremise des sens et des organes. On a voulu que je vous dise cela, et ce passage d'Isaïe4: Celai qui était étranger de moi sera joint à moi, celai que tu ne connaissais pas, etc.

XGVIÏ. — FÉNELON A M»»« GUYON»

Je comprends et je goûte, Madame, beaucoup de choses dans ce dernier écrit, que vous avez la bonté de nVenvoyer, sur les divers états de la voie et de la

i. Cf. lettre suivante, p. a/io : « En lui ôtant peu à peu tout son «perçu » ; cf. Lettre GXIII, p. 293.

2. Sur le sens mystique de ce mot, cf. Lettre XLI, p. 109 et n. 2.

3. Sur ccè «• communications intimes » et « sans paroles », cf. Lettre XXXIII, p. 81 et n. 6.

Page 1