‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 279 sur 294 · Cf. Lettre XV, p. 49 et n · texte numérisé non relu

Cf. Lettre XV, p. 49 et n

La foi conduit donc aveuglément, mais où ? C'est à l'unité. Car il faut savoir que la foi et l'espérance se réunissent dans la pure charité. Cette réunion semble une perte à l'âme, qui dit avec Job : Tai perdu tout espoir, et je ne vivrai plus l ; non, elle ne doit plus vivre, mais arriver à l'unité, soit par la réunion de la foi et de l'espérance dans la seule charité, soit par la réduction des puissances en unité2. Elle trouve que cette charité, qui est seule subsistante, est Dieu même3, où l'âme est conduite par la perte de tous moyens. C'est là qu'elle trouve Jésus-Christ, qui reparaît comme sa vie ; c'est la réelle manifestation de Jésus-Christ, devenant la vie de l'âme4; c'est en Jésus-Christ et par Jésus-Christ que la vie est rendue dans cette unité rendant l'âme et simple et multipliée5, autant6 agissante qu'elle est mue etagie. Toutes ses puissances sont agissantes, sans sortir de leur unité et sans être salies d'aucunes espèces 7, elles ont tout sans rien avoir, on sait tout sans rien savoir8. Cet état est réel, je vous assure, et vous y êtes assurément appelé. Mais, quoique les expressions ne soient peut-être pas conformes à la science, l'expérience démêle tout cela et contraint d'approuver ce que l'on condamnerait sans elle.

Je ne sais pourquoi je vous écris cela 9.

i. Job, VII, iG.

Page 1