‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 283 sur 294 · Cf. Lettre LXXXII, p. ao3 et n · texte numérisé non relu

Cf. Lettre LXXXII, p. ao3 et n

3. Premier et dernier paragraphes, t. V, Lettre LXX, p. 4o3-6 ; lo reste de la lettre, Discours chrétiens et spirituels, t. II, Disc. XXV, p. i5g-i64.

t\. Cf. fragment d'autobiographie, p. 7 et n. !..

3» FfeNELON ET M- GUYOX

neux, pour me faire comprendre l'impuissance où je suis de me donner cetle douce et suave correspondance l , qui fait que votre à me m'est toujours présente en Dieu d'une manière nue» pure et générale, sans bornes * ni aucun objet. Cette âme me parait toujours droite, et je n'y vois rien qui gauchisse. Je vois en Dieu un regard fixe et arrêté sur elle, qui ne se détourne jamais. Ce regard est comme celui du soleil, qui échauffe, purifie et détruit; et il n'y a rien à faire de votre part qu'à rester exposé à ses yeux divins 3. Dieu a mis dans vous, comme dans la terre, une source4 de fécondité : sans que la terre fasse nulle action, elle devient féconde, exposée aux rayons modérés du soleil; quelquefois même ce soleil la brûle et la dessèche au dehors, en sorte qu'elle ne produit rien, elle est même toute brûlée ; le soleil alors ne laisse pas de travailler dans son sein et d'y procurer par son excessive chaleur des mines d'or. Lorsque j'ai souffert, je ne voyais plus votre âme, et un rideau était tiré; je me trouvais mise, comme je vous l'ai dit, dans une prière continuelle, et très liée avec vous, mais je n'éprouvais plus cette correspondance, que j'éprouve toujours.

Je vous dis donc que Dieu est incessamment appliqué sur l'âme droite et simple, qui lui est continuellement exposée. Cette âme n'a qu'à demeurer simplement passive : Dieu la purifie de cette sorte, et lui communique d'autant plus sa fécondité que plus elle reçoit passivement ses opérations6.

[Se laisser dépouiller de tout, pour s'abandonner à l'opération, d'abord savoureuse, puis douloureuse, de Dieu, qui détruit et réduit

i. Cf. Lettre précédente, p. 4a8 et n. a. a. Texte de Dutoit : sans borner.

3. C'est « l'oraison de simple exposition », cf. Lettre XVI, p. 53 et Lettre GXII, p. 391 et n. h.

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