‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 35 sur 294 · INTRODUCTION XXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXIII

ii avait pas eu d'épithètes assez dures, assez indignées, pour qualifier la « monstrueuse » doctrine, qui osait ainsi rabaisser l'amour de Dieu1. A l'accent passionné de la protestation, on aurait pu sentir qu'il portait déjà au cœur le feu inconnu qui devait le consumer. La force réalisatrice de son imagination s'était communiquée à sa piété. Le merveilleux biblique s'était si étroitement incorporé à sa pensée, qu'elle se mouvait comme naturellement en plein miracle2. On ne 1 aurait point surpris en lui montrant quelque David parmi les bergers de Sainte-Modane ; il aurait reçu <lun cœur docile les révélations divines par la bouche <1 un pastoureau ignorant,* et aurait suivi à l'aveugle '< un Chinois ou un Arabe », s'il l'avait cru envoyé de Dieu3. La sainteté l'attirait. Il voulait la connaître en lui ou chez les autres ; car dans cette première attirance, il entrait peut-être autant d'humaine curiosité que d'amour divin. Le souvenir des grands mystiques du siècle précédent vivait en lui. Il se rappelait François de Sales et Jean de la Croix. Il savait quo « sainte Thérèse avait dirigé non seulement ses filles, mais des hommes savants et célèbres 4 » ; et, sans en avoir conscience, il allait, lui aussi, au devant de sa Thérèse ou de sa Jeanne de Chantai5.

Elle vint à lui un jour d'octobre, vers la Saint-

i. Ghap. xxivi, t. II, p. i58 ; cf. surtout p. i47-i5o le chap. xxxni sur la grâce médicinale et « le plaisir pur du chaste amour » (p. i5o, //).

a. Cf. la Lettre à l'évêque d'Arras sur la lecture de l'Écriture saints (1707), t. II, p.- 190-201.

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