‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 43 sur 294 · Lettre citée du 2 décembre 1688, p. 2C · texte numérisé non relu

Lettre citée du 2 décembre 1688, p. 2C

INTRODUCTION XLl

C'est que par goût, par respect humain, par prudence de diplomate, il aimait entourer de mystère cette « liaison dangereuse ». Son amie l'avait si fort scandalisé dans les premiers temps par sa vivacité irréfléchie et ses excentricités! L'abbé mondain, habile, « précautionneux », « craignait horriblement d'être entraîné dans une conduite qui démonterait sa sagesse aux yeux de tout le monde ». Tout ce qu'il y avait eu lui de raison purement humaine « jetait les hauts cris1 ». Les commérages indiscrets des amies de Mme Guyon « le mettaient dans une amertume insupportable2 ». Mais, se rappelant que le Maître de la vie chrétienne avait été pour tous un objet de scandale, il s'attachait à elle d'autant plus fortement que son instinctive prudence y répugnait davantage. 11 réprimait « certains petits mouvements de doute » qui passaient dans son imagination *, et s'abandonnait à elle en « pleine confiance » « par la persuasion de sa droiture, de son expérience et de ses lumières sur les choses intérieures4 ». Mme Guyon lui disait: « U ne vous faut point d'autre maître que l'expérience b ; il me semble que mon âme vous en dit plus que tous les écrits6. » Et en effet, c'était le contact même de cette âme qu'il cherchait. Le Moyen court, les Torrents, tous ces gros manuscrits qu'elle lui avait mis entre les mains, il en faisait son profit; si parfois le goût lui

i. Fénelon à Mme Guyon, Lettre du n juillet 1689, p. 20C.

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