‹ Fénelon & Mme GuyonChapitre 44 sur 294 · XLII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLII INTRODUCTION

venait de les ouvrir f ; mais ce n'était là que des manuels de Vie intérieure : ce qu'il voulait sentir c'était la vie intérieure même d'une âme privilégiée, ce qu'il voulait connaître, c'était, dans leur réalité vivante, ces états mystiques « qu'il n'avait point éprouvés* » et où son âme, avide de jouissances rares et d'émotions religieuses, désirait atteindre. C'est d'ailleurs ce qu'il a redit à tous ceux que cette étrange liaison laissait déconcertés ; il avait cherché une « âme d'expérience3 » : « J'ai cru Mme Guyon une très sainte personne, qui avait une lumière fort particulière par expérience sur la vie intérieure4. Je la crus fort expérimentée et éclairée sur les voies intérieures, quoiqu'elle fût très ignorante. Je crus apprendre plus sur la pratique de ces voie, en examinant avec elle ses expériences, que je n'eusse pu faire en consultant des personnes fort savantes, mais sans expérience pour la pratique 5. » Qu'importait dès lors qu'elle eût l'intelligence médiocre, la langue inhabile et sans art, le vocabulaire théologique impropre ou erroné. « Quoique les expressions ne lussent peut-être pas conformes à la science, Yexpé-

' rience démêlait tout cela et contraignait' d'approuver ce que l'on eût condamné sans elle6. » On sentait que l'Esprit de Dieu travaillait en cette femme et travail-

• lait les autres par elle. Un jour que la Maisonfort

i. Il goûtait surtout le Moyen-court; cf. plus loin sa lettre du y juin 1089, p. 161.

3. Fénelon à Mme Guyon, Lettre du 11 mai 1689, P# '37-8; cf. encore Lettre V, p. a5.

4. Lettre à Chantcrac du 27 septembre 1698, t. IX, p. 536, d.

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